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July 26 La voie hiérarchique...Le 19 aout 1966, le vaisseau spatial 012, le premier vaisseau Apollo conçu pour un vol spatial habité, est prêt pour le « Contractor’s Acceptance Readiness Review » (CARR). Il s’agit d’un événement majeur dans le vie de tout véhicule spatial, puisque c’est au cour de cette réunion que la NASA détermine si ce dernier est conforme au cahier des charges et qu’il devient officiellement la propriété du gouvernement des Etats-Unis.
Le « CARR » du vaisseau 012 a lieu dans les locaux de North American à Downey, qui se trouvent à environ 15 kilomètres de l’aéroport international de Los Angeles. C’est Joe Shea, directeur du « Apollo Spacecraft Programme Office » (ASPO), qui préside la réunion, sont présents les principaux responsables de la Division Espace de North American, dont bien évidement Harrison « Stormy » Storms le directeur général, pour la NASA il y notamment Maxime Faget, Christopher Kraft, et bien sûr les trois astronautes qui voleront à bord du vaisseau, Virgil « Gus »Grissom, Roger Chaffee et Edward White. La réunion se déroule dans une atmosphère très détendue et durera plus de six heures. Alors que la réunion va prendre fin, « Gus » Grissom demande la parole et sort deux photos d’une enveloppe… Il en donne une à Stormy Storms. « Nous en avons une pour Joe Shea aussi » et il fait passer la deuxième photo à Joe Shea qui se trouve en bout de table, en ajoutant : « Joe nous a conseillé de travailler nos procédures de secours de manière religieuse et comme vous pouvez le voir, c’est ce que nous faisons». Storms et Shea éclatent de rire. La photo, signée par les trois astronautes, les montre assis autour d’une maquette du module de commande, la tête baissée et les mains jointes en forme de prière, avec ces mots : « Ce n’est pas que nous ne te faisons pas confiance Joe, mais cette fois nous avons décidé de nous adresser à ton supérieur » Tous au courant en même temps !Par une étrange coïncidence, les plus hauts responsables du programme Apollo étaient dans la même salle lorsque la tragédie (AS 204 - Apollo 1) est survenue, il y avait James Webb, Wernher Von Braun, Robert Gilruth, Kurt Debus, Samuel Phillips, George Mueller… Ainsi que les responsables des principaux contractants dont Lew Evans, PDG de Grumman (constructeur du LM) et Lee Atwood, président de North American (constructeur du CSM)… L’après midi même, une soixantaine d'ambassadeurs avaient signé le "Traité de l’espace" (qui interdit toute militarisation de l’espace) à la Maison Blanche... Ils étaient tous en train de fêter ça au "Club International" non loin de la Maison Blanche lorsque Kurt Debus reçoit un appel de Rocco Petrone… Cela n'aurait rien changé !Lorsque Rocco Petrone, Directeur des Opérations de Lancement au Centre Spatial Kennedy donna son sentiment concernant la tragédie d'Apollo 1, et plus précisément au sujet de la polémique autour de la trappe explosive, qui aurait permis aux trois astronautes d’en réchapper, il fit remarquer qu’il n’aurait certainement pas autorisé que la trappe soit armée lors d’un test au sol, au regard du danger potentiel encouru par l’équipe de la White Room. Rocco Petrone aurait alors été dans une délicate situation... les concours de circonstances eussent-ils été différents… (Après le feu, la conception de l’écoutille a été complètement revue, il fallait 3 secondes pour l’ouvrir… beaucoup plus lourde, il a fallu également revoir la disposition des parachutes, le centre de gravité de la capsule ayant été modifié !) July 23 L'impensable vient d'arriver !
En cette fin d’après-midi, nous sommes le vendredi 27 janvier 1967, l’Astronaut Office, situé au troisième et dernier étage du bâtiment 4 du Manned Spacecraft Center de Houston est pratiquement désert, la plupart des astronautes sont aux quatre coins du pays chez les contractants du programme Apollo. Alan Bean, un astronaute du groupe 3 (comme Roger Chaffee) est là. Juste avant 18:00 le téléphone sonne, c’est un appel du Cap, à l'autre bout du fil une voix monocorde, ce qu’il entend lui semble si incongru qu’il ne comprend pas tout de suite de quoi il s’agit : « Nous avons perdu l’équipage » (« We lost the crew »). Bean demande alors : « Où pensez-vous qu’ils sont allés ? » (« Where do think they’ve gone ? »). La voix articula d’autres mots qui ne semblaient avoir aucun sens pour Bean jusqu'à ce qu’elle dise enfin : « Grissom, White et Chaffee sont morts ». July 22 Que vas-tu faire avec ce citron ?Le 22 janvier 1967, Virgil Grissom, fait un saut chez lui au Texas voir sa famille avant de retourner au Cap. Dans son jardin il y a un citronnier sur lequel poussent des fruits aussi gros que des ananas. Avant de partir il cueille le plus gros sous les yeux interrogateurs de sa femme : « Que vas-tu faire avec ce citron ? » demande Betty. "Je vais l’accrocher au-dessus de ce… vaisseau spatial » lui dit-il sur un ton déterminé. Il l’embrasse et lui dit au-revoir. Betty savait qu’elle ne verrait plus son mari avant le « plugs out test » de la capsule 012 prévu le 27 janvier. Ce qu’elle ne savait pas c’est que c’était la dernière fois qu’elle voyait son mari vivant !
Ce même jour Grissom accrochera son citron au-dessus du simulateur du CM (le simulateur est l'exacte réplique du vaisseau spatial) pour marquer sa désapprobation (Aux Etats-Unis, on appelle lemon -citron- une voiture impropre à la circulation, une épave) car le module de commande Apollo souffrait de trop nombreux défauts… Cinq jours plus tard "Gus" Grissom, Ed White et Roger Chaffee mourront asphyxiés dans l'incendie du CM (Command Module) 012 lors d'un test au sol… |
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