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September 12 Le plus grand voyage de tous les temps !"L’Amérique va cette semaine engager son honneur national, 8 ans de travail et 24 milliards de sa fortune, pour démontrer au monde qu’elle peut encore réaliser un rêve. Elle va envoyer trois jeunes hommes pour une aventure humaine de dimension mythologique, tout en permettant à l’ensemble du monde civilisé de suivre l’événement - pour le meilleur ou pour le pire."
— Rudy Abramson, 'Los Angeles Times,' 13 juillet 1969. Homo Astronauticus !"L’envoi d’astronautes sur la surface de la Lune représente plus qu’une étape dans l’Histoire, c’est une étape dans l’évolution"
— Editorial du 'New York Times', 20 juillet 1969. Pablo Picasso n'est pas concerné !Lorsqu’un journaliste du New York Times demande à Pablo Picasso ce qu’il pense du premier atterrissage d' hommes sur la Lune, il répond : “Cela ne signifie rien pour moi. Je n’ai aucune opinion à ce sujet, je m’en fiche”. La plaque commémorativeLa plaque commémorative en acier inoxydable emportée par le LM de la mission Apollo 11* est certainement la plus émouvante "capsule temporelle" jamais créée, avec celle de Pioneer 10. Elle mesure 22,8 cm X 17,9 cm pour une épaisseur de 1,58 mm. Les hémisphères et les lettres gravés ont été remplis avec une peinture époxyde noire. La plaque a ensuite été incurvée au diamètre des "jambes" du train d'atterrissage, et fixée sur l'échelle, précisémmemnt entre le sixième et le septième barreau de cette dernière (en partant du haut) qui en compte neuf. Courber la plaque permettait de ne pas gêner les astronautes lors de leur progression le long de l'échelle (cf photo ci-dessous). La fine protection en acier qui recouvrait la plaque fut ôtée par Neil Armstrong à 109:52:19 (Mission Elapsed Time – Temps Ecoulé depuis le décollage). ![]() Le 8 juin, soit un peu plus d’un mois avant le décollage, Ural Alexis Johnson, alors sous-secrétaire adjoint aux affaires politiques du ministère des Affaires Etrangères (United States Department of State) avait envoyé au comité en charge de déterminer les activités symboliques que les premiers astronautes allaient effectuer sur la Lune, une proposition de texte : « Nous qui les premiers, avons marché sur la surface de la Lune, laissons cette plaque pour commémorer notre voyage et pour témoigner du progrès de l’Homme dans sa quête de mieux comprendre l’Univers. Nous sommes venus au nom de toute l’Humanité explorer la Lune, et ce pour le bénéfice de tous les peuples. Puisse ce voyage nous permettre d’illuminer les mystères de l’univers et nous unir dans la recherche de la vérité et la compréhension de notre propre planète. » Devaient suivre le nom des astronautes et la date.
Si l’esprit a été conservé, une version plus expurgée, plus laconique fut produite avec le concours de James Humes (rédacteur de discours présidentiels) , Wiliam Safire (également rédacteur de discours présidentiels) et Pat Buchanan (conseiller du Président Nixon).
Une première version disait :
« Ici, des Hommes de la Terre ont atterri sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Ils sont venus en paix au nom de toute l’Humanité. Armstrong Aldrin Collins »
(A noter : Aldrin le n°3 dans la hiérarchie des équipages Apollo est mentionné après Armstrong, l’ordre sera modifié dans la version finale.)
En définitive le texte, lu à haute voix sur la Lune, par Neil A. Armstrong sera le suivant :
"Ici des Hommes de la planète Terre ont pour la première fois posé le pied sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Nous sommes venus en paix au nom de toute l’humanité »
Figurent les signatures et les noms des trois astronautes, Neil A. Armstrong, Michael Collins, Edwin E. Aldrin ainsi que de Richard Nixon, le Président des Etats-Unis.
Julian Sheer, le responsable des relations publiques de la NASA eut un peu de mal avec l’un des collaborateurs de Nixon qui, au dernier moment, insista pour que les mots « under god »** (que l’on peut traduire par « sous la providence divine » ou « sous la protection de Dieu ») soient ajoutés. Sheer fit remarquer que cela pourrait s’avérer offensant pour certaines personnes. Pour éviter tout conflit, il finit par accepter, sachant pertinemment qu’il était de toute façon trop tard pour apporter cette modification…
* Toutes les missions lunaires ont emporté une plaque sur la Lune (De Apollo 11 à Apollo 17). Seules les plaques Apollo 11 et 17 comportent la signature du Président.
** C’est le 14 juin 1954, que le Président Eisenhower avait fait ajouter la formule ”Under God” au serment « The Pledge of Allegiance » : "I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. Deux mots qui ont fait et font encore polémique aux Etats-Unis, un pays où le principe de séparation de l’état et de la religion est inscrit dans la constitution ! Le message de Léopold Sédar Senghor sur le disque de siliciumSi la France n’a pas eu le temps d’envoyer un message de bonne volonté pour être gravé sur le disque de silicium d’Apollo 11 (Cf anecdote du 1er février 2008) en raison de la toute récente élection à la présidence de la république de Georges Pompidou, notre pays peut s’enorgueillir d’y trouver celui de Léopold Sedar Senghor (1906-2001), un des plus grands poètes francophone du XXème siècle, élu au fauteuil 16 de l’Académie Française le 2 juin 1983. (Succédant ainsi au duc Antoine de Lévis-Mirepoix)
Son télégramme, en date du 1 juillet 1969, alors qu'il est Président de la République du Sénégal, rédigé en français bien évidemment, est le suivant :
« Ceci est un message des militants de la négritude. C’est un message de solidarité humaine, un message de paix. Dans cette première visite à la lune, nous saluons moins une victoire de la technologie qu’une victoire de la volonté humaine : volonté de recherche et de progrès, mais aussi de fraternité. » Pas d'hymne national sur la Lune !Le Président des Etats-Unis souhaitait que l’hymne national soit diffusé lorsque les astronautes Armstrong et Aldrin seraient sur la Lune. Cette idée fut rejetée par l'astronaute Frank Borman, le conseiller spécial du président pour cette mission, qui considérait que les activités symboliques prévues, prenaient déjà suffisamment de temps, pour que l’on évite d’en ajouter encore, au détriment du travail scientifique… Il fit remarquer par ailleurs que la diffusion d’ondes porteuses modulées en continue pendant 2 minutes et demie constituait un risque potentiel pour le bien être des astronautes. Borman conseilla donc à Richard Nixon de faire jouer « la Bannière Etoilée » à leur retour sur Terre. Ce qui fut fait ! February 05 Le Révérend Ralph AbernathyLe mardi 15 juillet 1969, le Révérend Ralph Abernathy, qui a succédé à Martin Luther King comme responsable de la « Southern Christian Leadership Conference » se présente devant le Centre Spatial Kennedy sur un chariot tiré par une mule accompagné d’un groupe de manifestants pour dénoncer « ce monumental gaspillage d’argent qui aurait pu servir à nourrir, vêtir, soigner, loger les pauvres ». L’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, en personne, les rencontre. Après avoir tenté de leur expliquer que le problème de la pauvreté ne serait pas résolu par l’annulation de la mission, Paine invite une délégation à venir asister au lancement depuis le site officiel réservé aux visiteurs de marque.
Le lendemain, alors qu'ils attendent la mise à feu, les manifestants scandent le slogan « nous ne sommes pas des astronautes, mais de simples gens».
Après le décollage, le Révérend, manifestement impressionné et bouleversé par cette expérience, déclara : « Je suis un des américains les plus fier, je pense vraiment que l’Amérique est une Terre sainte » February 21 Arthur C. Clarke ému jusqu'aux larmesLe 16 décembre dernier le grand Arthur C. Clarke a fêté sa 90 ème révolution autour du soleil... Le 16 juillet 1969 il se trouvait dans le LCC (Launch Control Center) et a prononcé une phrase qui fut diffusée par les hauts parleur du Centre Spatial Kennedy: « Aujourd’hui nous vivons le dernier jour de l’ancien Monde »
Deux heures et quelques minutes plus tard, alors que la fusée Saturn V est si loin dans le ciel qu’on ne la voit plus, Arthur C. Clarke se retourne vers Reginald Turnill, le spécialiste des questions spatiales de la BBC et lui confie d’une voix empreinte d’une indicible émotion, les yeux encore baignés de larmes : « Lors du décollage j’ai pleuré, il y a vingt ans que je n’avais pas pleuré, j’ai prié aussi, il y a quarante ans que je n’avais pas prié ! » Conforme au plan de vol !Le plan de vol de la mission Apollo 11 comporte 240 pages et pèse 907 grammes. Il y en avait bien sûr deux exemplaires, un dans le CSM, l’autre dans LM, auxquels il faut ajouter 9 kg de documents techniques parmi lesquels un classeur de 350 pages intitulé « Règles de Mission » (Mission Rules) répertoriant les conduites à tenir pour toutes les situations possibles et imaginables.
Le plan de vol de la mission Apollo 11 a été élaboré sous la direction de Ted Guillory (Flight Planning Branch – Flight Crew Support Division)
Comme on peut le voir sur la page du plan de vol ci-dessous l’atterrissage sur la Lune était prévu pour la 102ème heure 47ème minute et 11ème seconde après le décollage (102:47:11). En réalité l’atterrissage est intervenu à 102:45:39,9 avec une coupure des moteurs à 102:45:41 !
Dernière conférence de presse avant d'entrer dans l'Histoire !Le samedi 5 juillet, les astronautes d’Apollo 11 participent, dans l’auditorium du bâtiment 1 du Centre des Vols Habités à Houston, à la dernière conférence de presse avant le décollage. Ils arrivent en portant des masques de protection qu’ils enlèvent en entrant dans une sorte d’abri transparent (cf photo ci-dessous) qui permet grâce à un flux d’air savamment dosé et orienté, de les isoler en empêchant l’air extérieur d’y pénétrer. Le but étant bien entendu d’éviter toute contamination à quelques jours du départ. Par respect, certains journalistes ont même pris la peine de porter des masques chirurgicaux.
Ces derniers sont bien plus intéressés par le côté humain que par la technologie. Les questions sont essentiellement d’ordre philosophique, ils veulent savoir ce que les astronautes ressentent, comment ils appréhendent cette mission ô combien historique.
Avec des caractères comme ceux d’Armstrong et Aldrin ils sont plutôt mal tombés.
Seul Collins est un peu plus disert, malheureusement pour les journalistes, c’est justement celui qui ne marchera pas sur la Lune
Comme il le dira plus tard : « Si la NASA avait souhaité des personnes plus enclines à ressentir et à partager des émotions, elle aurait mieux fait de choisir un équipage composé d’un philosophe, d’un prêtre et d’un poète, et non pas des pilotes d’essai, justement entrainés à refréner leurs émotions et à garder un esprit analytique. D’un autre côté, un tel équipage, immanquablement submergé par l’émotion, n’aurait pas pu mener à bien une mission si complexe ».
Si les astronautes n’ont pas été très loquaces quant à leurs états d’âme, ils n’ont en revanche pas manqué d’humour, ainsi lorsqu’un journaliste demande à Armstrong ce qu’il aimerait, le plus, emporter avec lui sur la Lune, il répond : « Plus de carburant ! »
La promesse de Thomas PaineLe 10 juillet 1969, l’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, au cours d’un dîner privé avec l’équipage d’Apollo 11, exhorte les astronautes, Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin : « Si vous avez un problème là-haut, n’hésitez pas à interrompre la mission. Revenez. Ne vous tuez pas. Si vous deviez interrompre la mission, je vous promets que vous pourrez retenter votre chance avec la mission suivante. Surtout ne vous tuez pas ! »
Il est bien évident que ce « stratagème » à pour but d’éliminer le danger de voir le jugement des astronautes faussé par une impérieuse motivation d’être les premiers sur la Lune. Il les dissuade ainsi de prendre des risques inconsidérés.
Thomas Paine avait tenu exactement le même discours aux astronautes d’Apollo 8 et Apollo 10 ! Le disque oubliéLe disque de silicium sur lequel sont gravés, entre autre, les messages de bonne volonté de 73 chefs d’état (cf anecdotes du 1er et 2 février), qui a été déposé sur la surface de la Lune lors de la mission Apollo 11 a bien failli ne pas l’être…
Le minuscule, mais ô combien symbolique, disque a été placé dans une pochette en "Beta cloth" (tissu ininflammable, qui recouvre notamment les scaphandres spatiaux, développé après la tragédie Apollo 1) laquelle contient également un petit rameau d’olivier en or, symbole universel de paix , un écusson de la mission Apollo 1, deux médailles commémoratives soviétiques à l’effigie des cosmonautes décédés, Youri Gagarine, et Vladimir Komarov, ramenées d'Union Soviétique par Frank Borman.
Aldrin a rangé cette pochette et son contenu dans une poche située au niveau de l’épaule gauche de sa combinaison. (Penlight pocket)
La première exploration de la surface de la Lune touche à son terme, Buzz Aldrin doit réintégrer le LM, (Mission Elapsed Time 111:36:38), il a déjà gravi la moitié de l’échelle, lorsque Neil Armstrong lui demande « innocemment » s’il a pensé à déposer le paquet qui se trouve dans une de ses poches.
Comme il s’y attendait, Aldrin répond par la négative. Pressé par le temps, il ne peut redescendre, il extrait donc de sa poche le petit sac et n’a pas d’autre alternative que de le lancer vers son commandant en contrebas.
Sur la Lune la gravité étant six fois moindre que sur Terre, le sac tombe doucement sur le sol, juste à la droite de Neil Armstrong qui, dans l’impossibilité de le ramasser avec la main en raison de la rigidité du scaphandre, le pousse délicatement… du pied, pour le placer un peu plus loin !!!
Le plan de vol était si dense et tellement complexe que les astronautes sont passés complètement à côté de cette commémoration décidée, il est vrai, à la dernière minute et pour laquelle il n’y a jamais eu de répétition.
Dommage, le disque et les autres objets auraient mérité d’être déposés sur la Lune avec un peu plus d’égards, c’est le moins que l’on puisse dire !
Protégé par une boite en aluminium sur mesure et la pochette en "Beta cloth", le disque n’a certainement pas été endommagé. (A moins bien sûr qu’en se débarrassant des PLSS, l’un d’eux soit malencontreusement tombé dessus ! Il est par ailleurs fort probable que le petit sac blanc a été recouvert par la poussière soulevée lors du décollage ! )
Même si la manière laisse grandement à désirer, il n’en demeure pas moins que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des Hommes sont allés déposer sur un autre monde, des messages d’espoir et de paix ! Lunar Module Mc GheeAlors qu’ils ont quitté la sphère d’influence de la Lune et foncent vers la Terre, le CapCom Owen Garriott signale aux trois astronautes d’Apollo 11, qu’en leur honneur, les habitants de Vancouver (Colombie Britannique), Seattle (Washington), Portland (Oregon), San Francisco (Californie) vont allumer toutes les lumières à leur disposition entre 22:00 et minuit. Comme le ciel sera dégagé au dessus de la côte ouest, le spectacle devrait être splendide.
Il leur communique ensuite la nouvelle suivante : à Memphis dans le Tennessee, une petite fille de 3,6 Kg a été prénommée Module par ses parents Mr et Mme Eddie Lee McGhee. Madame McGhee a toutefois tenu à préciser aux journalistes que c’est l’idée de son mari, au départ il voulait l’appeler Lunar Module, mais elle s’y est fermement opposée, car Lunar Module McGhee ne sonne pas très bien. Ils ont donc fini par tomber d’accord sur Module. Les trois astronautes éclatèrent de rire ! Quelles activités symboliques sur la Lune ?C’est en février 1969, que Willis H. Shapley, le directeur associé adjoint de la NASA, est nommé à la tête d’un comité dont le rôle est de déterminer la nature des activités symboliques que les astronautes devront effectuer sur la Lune…
Voici leurs recommandations :
1- Aucune activité ne devra mettre en péril la sécurité des astronautes.
2- Ces activités ne devront pas heurter de sensibilités, pour ce faire il faudra se mettre dans une perspective mondiale.
3- Ces activités doivent en outre se faire dans un contexte historique, sur le thème du « Un pas en avant pour toute l’humanité (« forward step for all mankind »)
4- Il faudra faire savoir de la manière la plus explicite, que c’est un accomplissement américain, la meilleure façon étant de planter un drapeau américain sur la Lune, mais tout en évitant que cela soit perçu comme une prise de possession de territoire.
5- Une plaque commémorative, devrait être fixée sur l’étage de descente du module lunaire, représentant les deux hémisphères de la Terre, sans frontières, et devra inclure le nom des astronautes, celui du président des Etats-Unis, ainsi qu’un petit texte insistant sur la nature universelle et pacifique de cette mission.
6- Il faudra que les astronautes emportent des drapeaux miniatures de chacun des 50 Etats qui constituent l'Union, sans oublier le District de Columbia, des territoires américains, des drapeaux de toutes les nations de la Terre (qui seront ensuite remis aux chefs d’état), et bien sûr des Etats-Unis. On y ajoutera deux drapeaux américains de taille normale (l’un pour le Sénat, l’autre pour la Chambre des Représentants).
7- Création d’un tampon oblitérateur qui fera le voyage vers la Lune que les services postaux utiliseront pour réaliser des enveloppes commémoratives. Le disque de siliciumOutre les 73 messages de Chefs d’Etat étrangers, le disque de silicium d’Apollo 11 (cf anecdote du 1er février) contient le message du Président des Etats-Unis en exercice, Richard Nixon précédé par des extraits de discours, bien évidemment en relation avec la conquête de l’espace, prononcés par les anciens Présidents, Eisenhower, Kennedy (le célébrissime « I believe this nation… ») et Johnson, il y a également les listes : des leaders du Congrès, des membres des quatre comités et sub comités de la Chambre des Représentants et du Sénat, de tous les Administrateurs de la NASA depuis sa création, et des principaux responsables de la NASA (Wernher von Braun, Kurt Debus, Robert Gilruth, Samuel Phillips…)
Tous ces messages ont été photographiés et la photo ainsi obtenue a été réduite 200 fois.
Cette dernière a été transférée sur du verre qui a été utilisé comme un masque (un pochoir) à travers lequel on a envoyé de la lumière ultra violette afin que le message s’imprime sur une fine pellicule de résine photosensible déposée sur la surface du disque (les lettres minuscules ont une épaisseur quatre fois inférieure à celle d’un cheveu humain). Après un processus ultra secret connu que par une poignée de personnes, le disc est lavé à l’acide hydrofluorique pour finaliser la gravure. (cf Lithophotographie)
Le brevet déposé pour cette invention réalisée en trois semaines par John Sprague, Robert Pepper, Eugene Donovan, Frederick Howe, porte le numéro 3 607 347 (U.S patent) Tous les espoirs de l'Humanité sur un minuscule disque de siliciumEn juin 1969 la NASA a l’idée de collecter les messages de bonne volonté, émanant de chefs d’état étrangers, pour les déposer sur la Lune.
Cette suggestion de dernière minute est un pari plutôt risqué compte tenu de l’hostilité que certains états nourrissent à l’encontre des Etats-Unis ou de sa politique étrangère.
L’Administrateur de la NASA, Thomas Paine et le secrétaire adjoint du département d’Etat (l’équivalent de notre ministère des affaires étrangères) Alexis Johnson, en discutent par téléphone le 27 juin (le décollage est prévu pour le 16 juillet !).
Un fait unique dans les annales, la NASA est autorisée à contacter les délégations étrangères pour demander si leur chef d’état souhaite faire parvenir un message, qui sera déposé sur la surface de la Lune lors de la mission Apollo 11.
Sur les 116 requêtes que la NASA a envoyées, il y a eu 81 réponses dont 73 messages. (La France n'en a pas envoyé ou trop tard, Georges Pompidou venait d'être élu Président de la République le 15 juin ! )
Ces messages sont gravés sur un minuscule disque de silicium de 3,8 cm de diamètre fabriqué en moins de trois semaines par la société Sprague Electric Company* ! Un disque, dont la durée de vie se compte en milliards d’années. Les messages peuvent être lus avec un petit microscope grossissant une centaine de fois.
* Déjà contractant de la NASA - environ 53 000 composants du vaisseau Apollo ont été fabriqués par Sprague, une société qui n'existe plus aujourd'hui.
Une pièce de 50 cent (à l'effigie du Président Kennedy !) donne l'échelle du "Apollo 11 Silicon Disc" (3,8 cm de diamètre) Le Tsar du vaisseau spaialAu matin du quatrième jour, comme à l’accoutumée, le CapCom Bruce McCandless fait une petite revue de presse aux astronautes d’Apollo 11 en route vers la Lune, ainsi il les informe que le journal officiel du parti communiste soviétique, la Pravda, a surnommé Neil Armstrong le Tsar du vaisseau spatial.
« En ce moment le Tsar se lave les dents » ironise Mike Collins qui dès lors appellera souvent son commandant par ce titre. Du déjà vu ???La NASA avait invité des milliers de VIP pour assister au lancement de la mission Apollo 11, dont John Freeman, l’ambassadeur du Royaume Uni à Washington.
Ce dernier a décliné l’invitation car il était présent lors du décollage d’Apollo 10 et comme l’a souligné un porte parole de l’ambassade… « Lorsque vous avez vu un lancement Apollo, vous les avez tous vus ! » A la recherche de la divine providenceDeux semaines avant le décollage de la mission Apollo 11, Wernher Von Braun est en vacances en Grèce.
Bien évidemment, il ne manque pas de visiter le temple d’Apollon à Delphes.
« J’ai pensé qu’il était approprié que venant en Grèce, j'aille rendre hommage au dieu Apollon avant que nous tentions ce premier atterrissage sur la Lune » plaisanta-t-il
A Washington, des journalistes demandent à l’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, ce qu’il pense du fait que Von Braun est allé chercher une aide providentielle pour sa fusée.
« Wernher est allé implorer les dieux de la Grèce antique, quant à nous, nous venons juste d’envoyer l’astronaute Frank Borman à Rome voir le Pape. Ce faisant je crois que nous avons mis toutes les chances du côté d’Apollo 11 » ironisa t-il ! January 31 "J'ai vu plus loin que les autres parce que je me suis juché sur les épaules de géants." Isaac NewtonEn 1969, Howard Johnson, alors président du Massachusetts Institute of Technology, rapporte une merveilleuse histoire. Un de ses amis qui faisait escale à Londres quelques jours après Apollo 11, alla visiter l’Abbaye de Westminster, lorsqu’il arriva près de la tombe de Isaac Newton il aperçu une petite carte qui disait :
Sir Isaac – l’Aigle a atterri !
Note du blog master : un inconnu a déposé une gerbe de fleur et une note similaire sur la tombe du président John F. Kennedy à Arlington quelques heures après le premier atterrissage sur la Lune. (Le Module Lunaire d'Apollo 11 avait comme indicatif Eagle – Aigle-) |
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