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    September 12

    "On s'ennuie à mourrie ici !"

     

    A 46 heures 43 minutes et 38 secondes dans le déroulement de la mission Apollo 13, le CapCom de service, Joe Kerwin, annonce à l’équipage qui vient de se réveiller : « Tous les systèmes du vaisseau sont OK. On s’ennuie à mourir ici. »

     

    Apollo 13 est la troisième mission à destination de la surface de la Lune, à ce moment là, les astronautes sont en route vers l’astre des nuits, c’est déjà la routine…

    Effectivement, Apollo 13 ne passionne pas les foules, si la mission Apollo 11 a été suivie depuis le Centre des Vols Habités de Houston par quelques 693 journalistes accrédités, pour Apollo 12 l’effectif est réduit de moitié, 363 exactement, et pour Apollo 13, il n’en reste plus que 250 !

    Les grandes chaines nationales ont d’ailleurs renoncé à diffuser en direct les retransmissions prévues à partir du vaisseau spatial…

    Les mots de Joe Kerwin « on s’ennuie à mourir ici » vont être brutalement démentis quelques 9 heures plus tard. Après l’explosion une course contre la montre pour sauver les trois astronautes va s’engager et les journalistes vont affluer, dès lors, la mission fera la une des journaux !

     

    Une « banale » mission vers la Lune va se transformer en un des plus grands « succès » de la NASA !

    « Un échec réussi » selon les mots de James Lovell !

    L'Odyssée

     

    Les astronautes d’Apollo 13 ont appelé leur module de commande « Odyssey », jamais un indicatif n’a si bien porté son nom…

    Définition du mot odyssée : Une odyssée est un voyage semé de péripéties et de rebondissements.

    Un excellent résumé de la mission !

     

    C’est certainement le père de « Jack » Swigert, le Docteur Leonard Swigert, qui a le mieux résumé le vol épouvantable de son fils et de ses deux compagnons d’infortune, James Lovell et Fred Haise à bord d’Apollo 13. A l'issue de la mission, chez lui à Denver, une coupe de champagne à la main, il a déclaré aux journalistes : « Le décollage a été grandiose, l’amerrissage extraordinaire, mais je ne donnerai pas un centime pour le reste ! »

    August 19

    "Prudence est mère de sûreté"

     
    Pour éviter une « erreur fatale », Jack Swigert avait mis du ruban adhésif sur les ergots de sécurité du bouton « LM JETTISON » (Largage du LM) empêchant ainsi toute commutation accidentelle !
    August 11

    Reflexion faite...

     
    Jim Lovell (Apollo 13) a dit que l’explosion ne pouvait tomber à un plus mauvais moment… Pourtant, si la déflagration avait eu lieu alors que le LM était sur la Lune, les trois astronautes seraient morts, deux coincés sur la Lune et l’autre dans le CM…
    Si l’explosion avait eu lieu en orbite lunaire, utiliser le LM pour quitter son orbite eut été extrêmement délicat.
    Lovell reconnaîtra que finalement, en y réfléchissant bien, ils ont eu de la « chance » que l’accident se produise à ce moment là !
    August 07

    "Vos pellicules risquent de ne pas être développées !"

     
    Le mardi 14 avril 1970 les astronautes survolent la face cachée de la Lune, Jack Swigert et Fred Haise ont le nez collé sur le hublot, émerveillés par le spectacle ils en profitent pour prendre des photos…James Lovell un peu tendu marmonne alors : « Si le moteur ne fonctionne pas, vos pellicules ne seront jamais développées ».
    Haise : « Du calme Jim, tu as déjà fait un vol autour de la Lune, pas nous ! (NdT : Lovell était sur Apollo 8)
    Si James Lovell est un peu nerveux c’est qu’il doit bientôt allumer le moteur de descente de module lunaire au « PC+2 » (PériCynthe + deux heures -  le péricynthe – terme utilisé uniquement pour un satellite de la Lune - ou périgée, indique dans le cas présent le moment où le vaisseau spatial est au plus près de la Lune). Si le moteur fonctionne correctement cela augmentera leur vitesse et leur permettra de gagner environ 9 précieuses heures, et qui plus est, d’amerrir dans le Pacifique Sud où se trouve déjà la flotte de récupération, dans le cas contraire, l’amerrissage est prévu dans l’Océan Indien, mais beaucoup plus important, les réserves d’eau qui permettent de refroidir les systèmes électroniques du LM seront épuisées quelques 5 heures avant l’entrée dans l’atmosphère… Même si Lovell savait que l’électronique du LM d’Apollo 11, après avoir été « abandonné » en orbite lunaire, avait fonctionné encore 8 heures après l’épuisement du « liquide de refroidissement », il préférait ne pas avoir à courir ce risque !

    Des bourgeons... sur les arbres ?

     
    Avant le vol, James Lovell et les CapComs s’étaient entendus sur un langage « codé » afin que l’équipage puisse s’informer « discrètement » de l’état de santé de Ken Mattingly (Au dernier moment Mattingly, soupçonné d’avoir attrapé la rougeole, avait été remplacé par Jack Swigert). On assiste donc à cet échange surréaliste :
    James Lovell : « Les arbres ont des bourgeons à Houston ? »
    Vance Brand, le capcom : « Pas encore, on se croirait toujours en hiver »
    Lovell : « C’est bien ce que je pensais ! »
    Brand : « Je crois qu’il n’y aura toujours pas de bourgeons samedi, lorsque vous serez de retour »
    Effectivement, Mattingly, soupçonné d’avoir été contaminé par Charlie Duke, qui lui a bien eu la rougeole, ne contractera pas la maladie… Encore une de ces ironies de la vie !
    July 26

    Une facture salée !

     
    Finalement la mission Apollo 13 est un échec réussi, comme l’a définie James Lovell, les astronautes sont sains et saufs car ils ont pu trouver refuge dans le LM qui n’était pas prévu pour cela. La mission se termina donc dans la joie et avec une note d’humour… La société Grumman Aerospace Corp, qui a construit le LM enverra le 17 avril au bureau de Houston de la société North American Rockwell le contractant principal du CSM une facture portant le numéro A 441066 d’un montant de 312 421,24 $ en date du 13 avril 1970, qui se décompose comme suit :  

    1 - Remorquage sur 400 000 miles (640 000 km – 1 mile = 1,6 km) – 4 dollars le premier mile, 1 dollar par mile supplémentaire :  400 004 dollars.

    2 - Recharge de la Batterie + appel d’urgence :  4,05 dollars

    3 - 50 lbs d’oxygène à 10 dollars le lb : 500 dollars.

    4 - Logement pour deux personnes (sans TV, avec électricité, radio, cartes touristiques modifiées, vue imprenable).(Contrat NAS-9-1100). Prépayé

    5 - Personne supplémentaire 8,00 dollars la nuit. Les lieux devront être libérés au plus tard le 17 avril car au-delà le séjour n’est plus assuré : 32 dollars.

    6- Eau : gratuite

    7 - Service personnalisé + transfert des personnes + prise en charge des bagages : gratuit  

    Sous total : 400 540, 05 $

    Remise de 20% (remise commerciale) + 2% (cash discount) : – 88 118, 81 $  

    Total à payer : 312 421,24 $

    (Aucune facilité de paiement – Contrat gouvernemental)  

    Payable à 30 jours  

    La facture est signée par Lew Evans président de Grumman sur une idée de Sam Greenberg. Ce dernier était ingénieur au FCI Lab (Flight Control Integration Laboratory) de l’usine n° 5 de Grumman à Bethpage, New-York. Ce laboratoire faisait partie du Full Mission Engineering Simulator. Dans ce « labo » il y avait une réplique exacte du LM qui connecté aux simulateurs a permis de tester les procédures qui ont sauvé Apollo 13.

    La facture concerne également les sociétés Pratt et Whitney et Beech Aircraft, contractants secondaires.  

    La réponse malicieuse de North American Rockwell se fera par son directeur des relations publiques de la Division Espace, Earl Blount, qui rappellera à Grumman que North American ne leur a jamais facturé les frais de remorquage du LM lors des missions précédentes ! 

    Les deux sociétés ont fait preuve d’un humour ravageur et salvateur après les dramatiques heures vécues par tous les protagonistes responsables du sauvetage…  Une légende veut que au moment de signer, Lew Evans ait ajouté un numéro 8 : retour sain et sauf : Inestimable ! (Getting home alive : priceless)

    Fraude fiscale ?

     
    C’est après le décollage, que Jack Swigert (Apollo 13) réalise qu’il a omis de remplir sa déclaration de revenus, et qu’il sera, pour ainsi dire absent, le 15 avril, date limite de dépôt.

    Swigert plaisante alors: « Je vais peut-être devoir passer un autre séjour en quarantaine après celui de la NASA». Le CapCom le rassure, il n’ira pas en prison, il n’y a aucun problème, il bénéficie du statut d’expatrié…

     Lorsque l’équipage d’Apollo 13 arrive à Pago Pago, capitale des Samoa américaines, le gouverneur John Haydon remit à Swigert un petit cadeau… Une déclaration de revenus !

    En témoignage de notre reconnaissance !

     
    Après leur odyssée, Fred Haise, James Lovell et Jack Swigert (Apollo XIII) voulurent rendre hommage à toutes les personnes qui ont participé à la construction du LM-7 qui leur a sauvé la vie, faire un geste qui irait bien au-delà du simple remerciement verbal…

    Pour ce faire Fred Haise avait eu l’idée de récupérer les « filets de rangement » dans le LM que les astronautes avaient baptisé Aquarius et avait confié à la fille de Al Beauregard [Le superviseur du LM-5 (Apollo 11) et du LM-7] la tâche de découper des petits morceaux de 3cm de côté et de les coller sur des plaquettes. Comme il y en avait plus d’une centaine à confectionner, Haise donna à la fillette le surnom de « Miss Elmer Glue », sobriquet qui lui resta longtemps ! (NdT : la colle Elmer est encore utilisée de nos jours dans toutes les écoles primaires américaines).

    A compter du samedi 25 avril 1970, les astronautes d’Apollo 13 remirent personnellement à chacune des personnes ayant pris part à la construction du LM-7, une « plaque », sur laquelle figuraient le nom du récipiendaire, un « morceau » d’Aquarius,  et ces mots manuscrits: « Thanks for a job well done » (Merci pour cet excellent travail) signé James Lovell, Jack Swigert, Fred Haise.

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    Pas assez bon pour être pilote d'essai chez Grumman ?

     
    A son tour, George Titterton vice Président de Grumman, reçu un petit mot de remerciement des trois astronautes d’Apollo 13.
    En regardant la signature de Fred Haise il sût qu’une personne au sein de la société devait se sentir encore plus mal à l’aise que lui, un peu à l’image du responsable de Decca Records qui avait refusé les Beatles !
    En effet, en 1965 Fred Haise avait envoyé sa candidature à Grumman, pour être pilote d’essai, mais cette dernière n’a pas été retenue. Quelques mois plus tard,  il devenait astronaute !
    Titterton essaya bien de savoir qui avait bien pu rejeter la candidature de Haise, mais personne  ne l’avoua jamais !
     
    July 22

    Fraude fiscale ?

     
    C’est après le décollage, que Jack Swigert (Apollo 13) réalise qu’il a omis de remplir sa déclaration de revenus, et qu’il sera, pour ainsi dire absent, le 15 avril, date limite de dépôt.
    Swigert plaisante alors: « Je vais peut-être devoir passer un autre séjour en quarantaine après celui de la NASA». Le CapCom le rassure, il n’ira pas en prison, il n’y a aucun problème, il bénéficie du statut d’expatrié…
     Lorsque l’équipage d’Apollo 13 arrive à Pago Pago, capitale des Samoa américaines, le gouverneur John Haydon remit à Swigert un petit cadeau… Une déclaration de revenus !