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September 12 John F. Kennedy - Main tendue à l'URSS...A deux reprises le Président des Etats-Unis, John Kennedy, a publiquement proposé aux soviétiques d’aller ensemble sur la Lune, une première fois le 3 juin 1961, lors du sommet américano-soviétique à Vienne, Khrouchtchev d’abord réticent, accepte puis se ravise et refuse sous prétexte que cette proposition n’est pas assortie de négociations sur la limitation des armements. La seconde fois, deux mois avant sa mort, le 20 septembre 1963, lors d’une intervention devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, il déclare: « Il n’y a aucun problème de souveraineté dans l’espace… Pourquoi dans ces conditions, le premier vol d’un Homme vers la Lune doit il donner lieu à une compétition internationale ? Pourquoi les Etats-Unis et l’Union Soviétique ne partageraient- ils pas les recherches, la construction et les coûts, au lieu de les supporter chacun de leur côté et de dupliquer les efforts ? Pourquoi nos deux pays ne pourraient-ils pas explorer l’espace ensemble, avec l’aide d’autres pays du monde, afin d’envoyer au cours de cette décennie, non pas les représentants d’une seule nation, mais des représentants de plusieurs pays, sur la Lune " A nouveau Khrouchtchev lui opposa une fin de non recevoir. Dans ses mémoires il explique : « Si nous avions décidé de coopérer avec les américains, nous aurions dû leur révéler la conception du moteur de la Semiorka »
Rétrospectivement, dévoiler les « secrets » de la R7 leur aurait été bien moins « nuisible » que de révéler à quel point ils étaient en retard dans leur programme lunaire habité !
Il ne faut pas se méprendre sur les réelles intentions de Kennedy, avant d'y voir le noble geste de la "main tendue", il y a bien évidemment de subtiles arrières pensées politiques (...) Amusante coïncidence !Quel est le rapport entre la vitesse de la lumière et la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre avant l’injection sur une trajectoire lunaire?
Quel est le rapport entre la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre avant l’injection sur une trajectoire lunaire et la vitesse du « crawler » emportant la gigantesque Saturne V du VAB vers l’aire de lancement ?
La vitesse de la lumière est 37 216 fois plus élevée que la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre. La vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre est 36 250 fois plus élevée que la vitesse du crawler emportant la Saturne V vers le pas de tir !
Il est intéressant de noter que ces rapports sont sensiblement les même ! (à 2,6% prêt !)
Vitesse lumière = 1 079 252 848,8 km/h Vitesse moyenne de l’ensemble S-IVB + SLA, LM, CSM en orbite autour de la Terre = 29 000 km/h Vitesse moyenne du Crawler avec Saturne V = environ 0,8 Km/h*
Amusante coïncidence !
* A vide la vitesse maximale du Crawler est de 3 km/h, en charge cette vitesse maximale est réduite de moitié. Il s'agit là des vitesses maximales et non pas des "vitesses de croisière". Une pierre lunaire ramenée par Apollo XII refait le voyage vers la Lune !Dans le cadre d’une expérience scientifique concernant le champ magnétique de la Lune, les astronautes de la mission Apollo 16 ont emmené evec eux une pierre lunaire rapportée sur Terre par Apollo XII. Cette pierre, démagnétisée avant de repartir vers la Lune, a permis de vérifier une hypothèse des scientifiques, à savoir la "contamination magnétique" des échantillons pendant le voyage ! Ils ont vu juste, ce fut bien le cas, mais en partie seulement, prouvant que la Lune a eu un champ magnétique lorsque son noyau était liquide, mais bien moins puissant que le laissaient croire les échantillons ! La plaque commémorativeLa plaque commémorative en acier inoxydable emportée par le LM de la mission Apollo 11* est certainement la plus émouvante "capsule temporelle" jamais créée, avec celle de Pioneer 10. Elle mesure 22,8 cm X 17,9 cm pour une épaisseur de 1,58 mm. Les hémisphères et les lettres gravés ont été remplis avec une peinture époxyde noire. La plaque a ensuite été incurvée au diamètre des "jambes" du train d'atterrissage, et fixée sur l'échelle, précisémmemnt entre le sixième et le septième barreau de cette dernière (en partant du haut) qui en compte neuf. Courber la plaque permettait de ne pas gêner les astronautes lors de leur progression le long de l'échelle (cf photo ci-dessous). La fine protection en acier qui recouvrait la plaque fut ôtée par Neil Armstrong à 109:52:19 (Mission Elapsed Time – Temps Ecoulé depuis le décollage). ![]() Le 8 juin, soit un peu plus d’un mois avant le décollage, Ural Alexis Johnson, alors sous-secrétaire adjoint aux affaires politiques du ministère des Affaires Etrangères (United States Department of State) avait envoyé au comité en charge de déterminer les activités symboliques que les premiers astronautes allaient effectuer sur la Lune, une proposition de texte : « Nous qui les premiers, avons marché sur la surface de la Lune, laissons cette plaque pour commémorer notre voyage et pour témoigner du progrès de l’Homme dans sa quête de mieux comprendre l’Univers. Nous sommes venus au nom de toute l’Humanité explorer la Lune, et ce pour le bénéfice de tous les peuples. Puisse ce voyage nous permettre d’illuminer les mystères de l’univers et nous unir dans la recherche de la vérité et la compréhension de notre propre planète. » Devaient suivre le nom des astronautes et la date.
Si l’esprit a été conservé, une version plus expurgée, plus laconique fut produite avec le concours de James Humes (rédacteur de discours présidentiels) , Wiliam Safire (également rédacteur de discours présidentiels) et Pat Buchanan (conseiller du Président Nixon).
Une première version disait :
« Ici, des Hommes de la Terre ont atterri sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Ils sont venus en paix au nom de toute l’Humanité. Armstrong Aldrin Collins »
(A noter : Aldrin le n°3 dans la hiérarchie des équipages Apollo est mentionné après Armstrong, l’ordre sera modifié dans la version finale.)
En définitive le texte, lu à haute voix sur la Lune, par Neil A. Armstrong sera le suivant :
"Ici des Hommes de la planète Terre ont pour la première fois posé le pied sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Nous sommes venus en paix au nom de toute l’humanité »
Figurent les signatures et les noms des trois astronautes, Neil A. Armstrong, Michael Collins, Edwin E. Aldrin ainsi que de Richard Nixon, le Président des Etats-Unis.
Julian Sheer, le responsable des relations publiques de la NASA eut un peu de mal avec l’un des collaborateurs de Nixon qui, au dernier moment, insista pour que les mots « under god »** (que l’on peut traduire par « sous la providence divine » ou « sous la protection de Dieu ») soient ajoutés. Sheer fit remarquer que cela pourrait s’avérer offensant pour certaines personnes. Pour éviter tout conflit, il finit par accepter, sachant pertinemment qu’il était de toute façon trop tard pour apporter cette modification…
* Toutes les missions lunaires ont emporté une plaque sur la Lune (De Apollo 11 à Apollo 17). Seules les plaques Apollo 11 et 17 comportent la signature du Président.
** C’est le 14 juin 1954, que le Président Eisenhower avait fait ajouter la formule ”Under God” au serment « The Pledge of Allegiance » : "I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. Deux mots qui ont fait et font encore polémique aux Etats-Unis, un pays où le principe de séparation de l’état et de la religion est inscrit dans la constitution ! Le message de Léopold Sédar Senghor sur le disque de siliciumSi la France n’a pas eu le temps d’envoyer un message de bonne volonté pour être gravé sur le disque de silicium d’Apollo 11 (Cf anecdote du 1er février 2008) en raison de la toute récente élection à la présidence de la république de Georges Pompidou, notre pays peut s’enorgueillir d’y trouver celui de Léopold Sedar Senghor (1906-2001), un des plus grands poètes francophone du XXème siècle, élu au fauteuil 16 de l’Académie Française le 2 juin 1983. (Succédant ainsi au duc Antoine de Lévis-Mirepoix)
Son télégramme, en date du 1 juillet 1969, alors qu'il est Président de la République du Sénégal, rédigé en français bien évidemment, est le suivant :
« Ceci est un message des militants de la négritude. C’est un message de solidarité humaine, un message de paix. Dans cette première visite à la lune, nous saluons moins une victoire de la technologie qu’une victoire de la volonté humaine : volonté de recherche et de progrès, mais aussi de fraternité. » Pas d'hymne national sur la Lune !Le Président des Etats-Unis souhaitait que l’hymne national soit diffusé lorsque les astronautes Armstrong et Aldrin seraient sur la Lune. Cette idée fut rejetée par l'astronaute Frank Borman, le conseiller spécial du président pour cette mission, qui considérait que les activités symboliques prévues, prenaient déjà suffisamment de temps, pour que l’on évite d’en ajouter encore, au détriment du travail scientifique… Il fit remarquer par ailleurs que la diffusion d’ondes porteuses modulées en continue pendant 2 minutes et demie constituait un risque potentiel pour le bien être des astronautes. Borman conseilla donc à Richard Nixon de faire jouer « la Bannière Etoilée » à leur retour sur Terre. Ce qui fut fait ! Irving le gorille !Charles Buckley, le chef de la sécurité du Centre Spatial Kennedy et Pete Conrad étaient amis avec Peter et Julie Firestone, un couple qui avait la particularité de posséder un véritable gorille naturalisé. Un animal impressionnant, que Conrad, totalement fasciné par ce singe anthropoïde, avait baptisé Irving Glick*. Nous sommes à quelques heures du lancement d’Apollo XII, il est temps de préparer une petite farce… Comme convenu Charlie Buckley se rend chez Peter et Julie, récupère Irving, l’installe précautionneusement sur le siège avant de sa voiture et prend la route pour le centre spatial. Bien qu’étant leur chef, il est prié de fournir quelques explications aux gardes de la porte d’entrée principale, avant de pouvoir faire entrer l'animal sur la base. A deux heures du matin il traverse un long couloir avec Irving dans les bras, lorsqu’il croise un technicien, à la vue du gorille ce dernier se met à hurler, fait demi tour et se réfugie dans la première pièce qu’il trouve en claquant précipitamment la porte…
Au petit matin les astronautes d'Apollo XII, Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon, entrent dans la salle à manger, pour prendre le traditionnel petit déjeuner d’avant vol composé de steak, d’œufs, de jus d’orange de café et de toasts. Dans la pièce il y a déjà Tom Stafford, Jim Irwin, Jim McDivitt, Paul Weitz, Chuck Tringali, le responsable des entrainements, et, assis à la table, vêtu d‘une blouse blanche et d’un casque de technicien, la mascotte de l’équipage, Irving, le gorille préféré de Pete Conrad... Le repas commence dans l'hilarité générale !
Une photo avec "Irving Glick"
* L’excentrique Irving Glick, qui est à l’origine du célébrissime « Belmont Tunnel » entre les villes de Charlotte et Belmont, en Caroline du Nord, avait participé à une émission sur la chaine de télévision WBTV au cours de laquelle il s’était battu avec un figurant déguisé en gorille. Quels indicatifs choisir ?Lorsque Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon ont commencé à recueillir des suggestions d'indicatifs pour leur LM et leur CM, quelqu’un a suggéré, le plus sérieusement du monde, « Lem et Abner » [d’après le titre d’un célébrissime feuilleton radiophonique humoristique créé par Chester Lauck et Norris Goff, intitulé « Lum et Abner » qui a été diffusé de 1932 à 1954. Chester Lauck jouait le rôle de Columbus "Lum" Edwards et Norris Goff celui d’Abner Peabody, les copropriétaires d’un magasin, le « Jot’em Down Store » (astuce avec shoot them down). Une "série" qui est devenue une véritable institution aux Etats-Unis]
Conrad rejeta d’emblée cette proposition farfelue basée sur le jeu de mot entre « Lum » et « LM » que l’on prononce « Lem ». Il voulait quelque chose de résolument plus digne.
Quelqu’un d’autre proposa Vénus… Conrad, séduit, alla consulter une encyclopédie : « Non ça ne va pas ! »
En effet, il découvrit que la Vénus pompéienne, la divinité protectrice de Pompéi, a quelquefois été associée avec la prostitution.
Il s’intéressa alors aux noms que les britanniques donnaient à leur vaisseau, « Intrepid » l’interpella, car il aimait la symbolique véhiculée par ce nom; hardiesse, courage, vaillance. Il vérifia quand même la définition exacte de cet adjectif dans un dictionnaire, ( Le Webster's Dictionary, l'équivalent de notre Larousse)
C'est ainsi que le choix d"Intrepid" fut arrêté pour le LM, quant au CM il s'appellera « Yankee Clipper » (Les Clippers étaient des voiliers très rapides construits au milieu du XIX ème siècle en Nouvelle-Angleterre, les premiers navires américains à faire le tour du monde).
Des noms tout à fait appropriés pour le seul équipage 100% Navy du programme Apollo.
Pete Conrad et la NASA ne manquèrent pas de recevoir des lettres de protestation, l'argument étant bien entendu que "Intrepid" est un nom habituellement donné à des vaisseaux de guerre et qu'en la circonstance ce choix est tout à fait déplacé !
Effectivement dans l’Histoire de la marine militaire américaine, au moins 4 navires ont été baptisés ainsi, dont un certain porte-avion, bâtiment principal de la flotte de récupération des missions Mercury/Aurora 7 et Gemini 3 ! Les premiers sont les derniers ou une injustice enfin réparéeUne longue injustice a enfin été « réparée » à l’occasion du quarantième anniversaire de la mission Apollo 7. En effet, alors que tous les autres astronautes Apollo et Skylab ont reçu la « NASA Distinguished Service Medal », Walter Schirra, Donn Eisele et Walter Cunningham ont dû se « contenter » de la « NASA Exceptional Service Medal" (Un cran en dessous, dans la hiérarchie des médailles de la NASA) Les tensions et heurts lors du déroulement de la mission en sont bien évidemment la cause. Christopher Kraft, hors de lui, fera en sorte qu'aucun ne revole jamais, une sanction qui n’affecta pas Schirra, puisque ce dernier avait fait savoir qu’Apollo 7 serait son dernier vol. Seul Cunningham, le dernier survivant, a pu recevoir la médaille des mains de Michael Griffin, l’administrateur de la NASA. C’est l’ancien astronaute d’Apollo 8, Bill Anders qui a accepté la distinction au nom de la famille Schirra (1) et c’est la veuve de Donn Eisele, Susan, qui a accepté la médaille au nom de son époux (2).
La cérémonie s’est tenue au « Frontiers of Flight Museum » de Dallas, Texas où le CM Apollo 7 est actuellement exposé. Parmi les visiteurs de marque, Gene Kranz, Alan Bean, Buzz Aldrin et Neil Armstrong qui, sortant de sa réserve, a déclaré : « Nous tous, sur les vols qui ont suivis, avons été redevables du travail accompli par l’équipage d’Apollo 7».
Christopher Kraft, quelque peu adouci, après toutes ces années, eut ces mots à l’intention de Cunningham: « Vous avez accompli un travail formidable, tous les objectifs de ce vol ont été atteints, ce qui nous a permis d’aller de l’avant, et de planifier le premier vol vers la Lune… Jadis, nous vous avons donné du fil à retordre, mais vous avez surmonté cette épreuve avec brio… Vous avez fait de l’excellent travail et franchement je suis très fier de pouvoir vous considérer comme un ami. »
(1) - "Wally" Schirra est mort le 3 mai 2007 à l'âge de 84 ans (2) - Donn Eisele est décédé le 2 décembre 1987, il avait 57 ans
NASA Distinguished Service Medal (la plus haute distinction NASA)
NASA Exceptional Service Medal (2ème plus haute distinction NASA)
"On s'ennuie à mourrie ici !"A 46 heures 43 minutes et 38 secondes dans le déroulement de la mission Apollo 13, le CapCom de service, Joe Kerwin, annonce à l’équipage qui vient de se réveiller : « Tous les systèmes du vaisseau sont OK. On s’ennuie à mourir ici. »
Apollo 13 est la troisième mission à destination de la surface de la Lune, à ce moment là, les astronautes sont en route vers l’astre des nuits, c’est déjà la routine… Effectivement, Apollo 13 ne passionne pas les foules, si la mission Apollo 11 a été suivie depuis le Centre des Vols Habités de Houston par quelques 693 journalistes accrédités, pour Apollo 12 l’effectif est réduit de moitié, 363 exactement, et pour Apollo 13, il n’en reste plus que 250 ! Les grandes chaines nationales ont d’ailleurs renoncé à diffuser en direct les retransmissions prévues à partir du vaisseau spatial… Les mots de Joe Kerwin « on s’ennuie à mourir ici » vont être brutalement démentis quelques 9 heures plus tard. Après l’explosion une course contre la montre pour sauver les trois astronautes va s’engager et les journalistes vont affluer, dès lors, la mission fera la une des journaux !
Une « banale » mission vers la Lune va se transformer en un des plus grands « succès » de la NASA ! « Un échec réussi » selon les mots de James Lovell ! L'OdysséeLes astronautes d’Apollo 13 ont appelé leur module de commande « Odyssey », jamais un indicatif n’a si bien porté son nom… Définition du mot odyssée : Une odyssée est un voyage semé de péripéties et de rebondissements. Un sourire sur la Lune...Le Pilote du Module Lunaire (LMP) de la mission Apollo XVII, Harrison « Jack » Schmitt, détient le record officieux de la « bouille la plus souvent visible sur la Lune» en effet, on peut le voir à maintes reprises avec la visière dorée de son casque relevée, laissant apercevoir son visage orné d’une barbe naissante. Un géologue trop occupé par son travail, sur ce site unique, pour perdre son temps à se raser.
La plupart de ces photos ont été prises durant la dernière sortie extravéhiculaire alors que les astronautes se trouvaient à la Station 6. La caméra du LRV (Lunar Roving Vehicle / « jeep » lunaire) était télécommandée depuis la Terre, Schmitt ayant remarqué qu’elle suivait ses mouvements, l’a fixée droit dans la lentille et lui a fait son plus beau sourire !
Schmitt n’était pas plus inconscient que les autres, en réalité il avait rayé sa visière avec de la poussière de Lune en la nettoyant après les sorties précédentes, ce qui le gênait énormément dans son travail de géologue. Aux répétitives injonctions l’enjoignant de baisser sa visière, il a commencé par répondre calmement qu’elle était rayée qu’il avait du mal à voir à travers, mais au bout d’un moment, agacé, il finit par lancer : « Je pense que je suis assez grand pour savoir ce que je dois faire, je positionnerai ma visière comme je l’entends, alors arrêtez avec ça ! » Il convient de préciser que la plupart du temps sa visière n’était qu’à moitié relevée…
Le premier scientifique sur la Lune a fait un boulot formidable et quelle plus belle image que ce visage souriant sur la Lune lors de la dernière "marche lunaire" du XXème siècle !
Harrison Schmitt - "Un sourire sur la Lune !"
Harrison Schmitt
Eugene Cernan et Harrison Schmitt
A noter : les LMP d’Apollo XIV et XV ont descendu l’échelle du LM sans rabattre la visière, alors que la « EVA check-list » prévoit bien un « close sun visor ». Ne pas rabattre la visière leur permettait de jeter un dernier regard à l’intérieur du LM avant de rejoindre leur commandant sorti en premier. Leur impatience à marcher sur la Lune explique certainement cet oubli sans parler du fait qu’ils voyaient peut être mieux les barreaux de l’échelle !
Pour une description complète et approfondie du LEVA (Lunar Extravehicular Visor Assembly) et des divers éléments de la combinaison lunaire, je vous conseille le lien suivant : http://www.de-la-terre-a-la-lune.com/apollo.php?page=a7l Un excellent résumé de la mission !C’est certainement le père de « Jack » Swigert, le Docteur Leonard Swigert, qui a le mieux résumé le vol épouvantable de son fils et de ses deux compagnons d’infortune, James Lovell et Fred Haise à bord d’Apollo 13. A l'issue de la mission, chez lui à Denver, une coupe de champagne à la main, il a déclaré aux journalistes : « Le décollage a été grandiose, l’amerrissage extraordinaire, mais je ne donnerai pas un centime pour le reste ! » Un rhume "carabiné" !C’est au deuxième jour de la mission que Walter Schirra, le commandant de la mission Apollo 7, se réveille avec un rhume carabiné, résultat d’une partie de chasse au canard effectuée trois jours avant le lancement, qui s’est terminée sous une pluie battante… La visite médicale qui précède le vol l'avait déclaré apte. Schirra souffre de légères céphalées, de courbatures mais n'a pas de fièvre. « Très vite le confortable vaisseau spatial a été transformé en boîte à Kleenex usagés», selon les termes de Walter Cunningham. Il fait part de son état de santé au Centre de Contrôle et demande s’il peut prendre un antibiotique, le médecin lui recommande de commencer plutôt par un décongestionnant nasal, en l’occurrence… de l’Actifed. La trousse à pharmacie du bord renferme 24 comprimés de 60 mg d’Actifed, la totalité du stock sera utilisé. Pour les missions Apollo suivantes le stock sera porté à 60 comprimés ! Par ailleurs, 48 comprimés d’aspirine sur les 72 seront utilisés. Walter Schirra est le "premier malade dans l’espace" du programme spatial américain (le « mal de l’espace » ou « syndrome d’adaptation à l’impesanteur » n’étant pas une maladie à proprement parler). 24 heures plus tard Donn Eisele et Walter Cunningham présenteront les mêmes symptômes mais à un degré bien moindre.
De l’Actifed sera également prescrit lors des missions Apollo 9 (12 comprimés sur 60), Apollo 10 (2/60), Apollo 12 (18/60), et Apollo 17 (1/60)
Ainsi au début des années 80, le laboratoire pharmaceutique qui commercialise l’Actifed fera appel aux astronautes Walter Schirra et Donn Eisele ainsi qu’aux astronautes d’Apollo 12, Richard Gordon et Alan Bean, pour des spots publicitaires. (A voir sur http://www.youtube.com)
Ces petits problèmes de santé auront des répercussions sur « l’ambiance » de la mission, mais ça c’est une autre histoire qui fera l’objet d’une prochaine anecdote…
On voit clairement sur cette photo que Schirra n'est pas au mieux de sa forme ! Klaus Scheufelen
Klaus Scheufelen est un ancien ingénieur de Peenemünde qui a travaillé notamment sur le missile Wasserfall et qui est le concepteur du missile anti-aérien Taifun. Il fait partie des 118 spécialistes sous la direction de Wernher Von Braun qui furent enrôlés aux Etats-Unis après la guerre. Cinq ans plus tard, en 1950, pour d’impérieuses raisons familiales, Scheufelen est contraint de retourner en Allemagne où il prend la direction technique de l’entreprise familiale de fabrication de papier, la Scheufelen PapierFabrik GmbH. On pourrait croire que ce brillant ingénieur en a fini professionnellement avec le domaine spatial, mais c’est sans compter sur la providence. Après l’accident d’Apollo 1, la NASA lance un appel d’offre pour le développement d’un papier ininflammable…C’est la société Scheufelen qui est retenue, ainsi à compter d’Apollo 13, il n’y aura plus à bord des missions Apollo que des manuels fabriqués avec du papier Scheufelen. Klaus Heinrich Scheufelen est décédé le 26 janvier 2008. Un bon café bien chaud...Après la mort des trois astronautes d’Apollo 1, le comportement de Walter Schirra changea du tout au tout. Christopher Kraft le décrit désormais comme emporté et très irascible, il se plaint tout le temps, à propos de tout et n’importe quoi…
Ainsi par exemple il avait décidé qu’il fallait inclure du café dans les provisions de bord de sa dernière mission, Apollo 7… Devant la fin de non recevoir qu’on lui opposa, il aboya : « Vous demandez à un gars de la marine de se passer de café ? »
Opiniâtre, il fit valoir son point de vue jusqu’au sommet de la hiérarchie, ainsi lors d’une conférence au sommet à Houston, où étaient réunis quelques uns des hauts responsables de la NASA, il s’arrangea pour qu’il n’y ait pas de café, sur le chariot à boissons, pendant la pause.
L’absence de ce breuvage stimulant ne manqua pas de soulever des protestations, Walter Schirra se leva alors et dit : « Messieurs, puisque vous avez décrété que l’équipage d’Apollo 7 ne serait pas autorisé à boire du café pendant la mission, j’ai pensé que vous pourriez vous en passer au moins une journée ». (NdT : La mission Apollo 7 doit durer plus de 10 jours !)
C’est ainsi que tous rallièrent sa cause et qu’Apollo 7 devint la première mission spatiale américaine au cours de laquelle l’équipage put boire du café chaud !
(NdT : Les piles à combustible qui produisaient l’électricité fournissaient également de l’eau à 68°C !) February 05 Il n'y a pas plus étanche !L’étanchéité des réservoirs d’oxygène et d’hydrogène liquide du Module de Service Apollo est telle que si l’un d’eux était placé dans une pièce à 21° C et rempli de glace il faudrait 8 ans ½ pour qu’elle fonde (eau à 1° C) et 4 ans de plus pour que l’eau atteigne la même température que la pièce… Ou encore, si les chambres à air des pneus de voitures avaient les mêmes caractéristiques, il faudrait 32 400 000 ans avant qu’un pneu soit complètement à plat ! Le Révérend Ralph AbernathyLe mardi 15 juillet 1969, le Révérend Ralph Abernathy, qui a succédé à Martin Luther King comme responsable de la « Southern Christian Leadership Conference » se présente devant le Centre Spatial Kennedy sur un chariot tiré par une mule accompagné d’un groupe de manifestants pour dénoncer « ce monumental gaspillage d’argent qui aurait pu servir à nourrir, vêtir, soigner, loger les pauvres ». L’Administrateur de la NASA, Thomas Paine, en personne, les rencontre. Après avoir tenté de leur expliquer que le problème de la pauvreté ne serait pas résolu par l’annulation de la mission, Paine invite une délégation à venir asister au lancement depuis le site officiel réservé aux visiteurs de marque.
Le lendemain, alors qu'ils attendent la mise à feu, les manifestants scandent le slogan « nous ne sommes pas des astronautes, mais de simples gens».
Après le décollage, le Révérend, manifestement impressionné et bouleversé par cette expérience, déclara : « Je suis un des américains les plus fier, je pense vraiment que l’Amérique est une Terre sainte » Apollo 7 - Un bon café bien chaud !Après la mort des trois astronautes d’Apollo 1, le comportement de Walter Schirra changea du tout au tout. Christopher Kraft le décrit désormais comme emporté et très irascible, il se plaint tout le temps, à propos de tout et n’importe quoi…
Ainsi par exemple il avait décidé qu’il fallait inclure du café dans les provisions de bord de sa mission, Apollo 7… Devant la fin de non recevoir qu’on lui opposa, il aboya : « Vous demandez à un gars de la marine de se passer de café ? »
Opiniâtre, il fit valoir son point de vue jusqu’au sommet de la hiérarchie, ainsi lors d’une conférence au sommet à Houston, où étaient réunis quelques uns des hauts responsables de la NASA, il s’arrangea pour qu’il n’y ait pas de café, sur le chariot à boissons, pendant la pause.
L’absence de ce breuvage stimulant ne manqua pas de soulever des protestations, Walter Schirra se leva alors et dit : « Messieurs, puisque vous avez décrété que l’équipage d’Apollo 7 ne serait pas autorisé à boire du café pendant la mission, j’ai pensé que vous pourriez vous en passer au moins une journée ». (NdT : La mission Apollo 7 doit durer plus de 10 jours !)
C’est ainsi que tous rallièrent sa cause et qu’Apollo 7 devint la première mission spatiale américaine au cours de laquelle l’équipage put boire du café chaud !
(NdT : Les piles à combustible qui produisaient l’électricité fournissaient également de l’eau à 68°C !)
February 21 Alan Shepard - Swing sur la LuneLe 6 février 1970, à la fin de la deuxième et dernière EVA (Activité extra véhiculaire) de la mission Apollo 14, à 138:09:17, Alan Shepard se retourne vers la caméra et annonce : « Houston,si vous regardez bien vous devriez reconnaître ce que je tiens dans la main, le manche du collecteur d’échantillon d’urgence, il se trouve qu’il y a un fer numéro 6 à son extrémité. Dans ma main gauche j’ai une petite balle blanche, familière à des millions d’américains. Je laisse tomber la balle sur le sol. Malheureusement la combinaison est trop rigide, je ne peux pas exécuter le mouvement à deux mains, je vais quand même essayer de faire un « sand trap shot » ! (coup qui permet de sortir du bunker, les bunkers sont des obstacle creux remplis de sable qui se trouvent autour des fairways et des greens, que l’on appelle également "pièges de sable")
Le premier swing est un ratage complet, il ne soulève que de la poussière, une "gratte", dans le jargon des golfeurs.
Au deuxième swing, il fait un "top", c'est-à-dire qu’il touche le haut de la balle qu’il envoie à quelques dizaines de centimètres vers la droite. Le CapCom Fred Haise lance une boutade : « D’ici on aurait dit un slice ! » sauf que la balle n’a pas décollé, et Haise sait pertinemment qu’en l’absence d’atmosphère une balle ne peut « slicer » qu’au sol.
Imperturbable Shepard effectue un troisième swing, cette fois l’impact est franc, la balle décolle et parcoure environ 200 mètres.
Alan Shepard "droppe" sa deuxième balle, se met en position et frappe, pour son dernier coup il envoie la balle de golf à environ 400 mètres, crâneur il s’exclame « A des kilomètres, des kilomètres et des kilomètres » (« Miles and miles and miles »)
Une "reconstitution" fidèle de l'événement.
Une légende tenace raconte que Shepard aurait frauduleusement emporté ce fer numéro 6 modifié pour qu'il s'emboite sur le manche du collecteur, c’est totalement faux, Shepard en a parlé au responsable de la planification de la mission, qui a immédiatement adhéré. Quant au marché conclu avec les responsables de la NASA, il était le suivant, si les objectifs de la mission sont réalisés il pourra prendre quelques minutes pour frapper ses deux balles de golf, dans le cas contraire il s’abstiendra. Shepard s’était entrainé sur son temps libre au swing en combinaison spatiale car il avait peur que ce mouvement le déséquilibre et le fasse tomber.
Le manche télescopique du collecteur d’échantillon et le fer 6 ont été ramenés sur Terre, ils sont exposés au musée de l’US Golf Association à Far Hills dans le New Jersey. Alan Shepard voulait récupérer les deux balles mais il n’avait plus assez de temps ni d’oxygène.
Certains esprits chagrins ont fortement critiqué cette… frivolité. Dépenser autant d’argent pour jouer au golf sur la Lune… Rappelons simplement que les astronautes ont travaillé plus de 9 heures sur la Lune en deux sorties, la partie de golf a duré une minute (de 138:08:17 à 135:09:20 soit exactement 1 minute et 3 secondes ! )
L’idée de jouer au golf sur la Lune lui vient de son ami, le comédien Bob Hope, qui avait une passion légendaire pour le golf, à tel point qu’il se baladait souvent avec un club dans la main !
Les astronautes reçurent un télégramme plein d’humour du prestigieux Royal and Ancient Golf Club de St Andrews en Ecosse, un des plus anciens clubs de golf au monde, qui a édicté les règles modernes du golf et qui est réputé pour être très à cheval sur l’étiquette : « Nos plus chaleureuses félicitations pour votre exploit et votre retour sain et sauf sur Terre. Veuillez vous référer aux règles du Golf, section étiquette, paragraphe 6 – Même s'il n'y a pas de râteau à proximité du bunker, vous devez toujours au moment de le quitter niveler le sable et effacer vos traces de club et de pas." (Il y a une double astuce, d'abord il faut comprendre que le bunker c’est la Lune toute entière, on n'y trouve que du "sable", et, le prochain joueur n'étant pas près de passer par là...)
Quelques mois plus tard, Shepard fit la couverture de Golf Magazine avec ce titre : « Golf’s Man on the Moon »
Alan B. Shepard, le premier américain dans l'espace, est à ce jour le seul Homme a avoir joué au golf sur la Lune et devrait le rester quelques années encore !
Edgar Mitchell, le premier "caddie" sur la lune, tenant le club d'Alan Shepard
Anecdote dans l'anecdote, le site NASA Facts affirme faussement (18 ème assertion) que Shepard s'est servi d'un fer numéro 8 et qu'il a frappé 3 balles !!!
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