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September 12 Le plus grand voyage de tous les temps !"L’Amérique va cette semaine engager son honneur national, 8 ans de travail et 24 milliards de sa fortune, pour démontrer au monde qu’elle peut encore réaliser un rêve. Elle va envoyer trois jeunes hommes pour une aventure humaine de dimension mythologique, tout en permettant à l’ensemble du monde civilisé de suivre l’événement - pour le meilleur ou pour le pire."
— Rudy Abramson, 'Los Angeles Times,' 13 juillet 1969. Homo Astronauticus !"L’envoi d’astronautes sur la surface de la Lune représente plus qu’une étape dans l’Histoire, c’est une étape dans l’évolution"
— Editorial du 'New York Times', 20 juillet 1969. Leurs premiers mots en posant le pied sur la Lune...Apollo 11 - 21 juillet 1969
1- Neil Armstrong : “C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’Humanité” (That's one small step for a man, one giant leap for mankind.) 2- Buzz Aldrin : “Magnifique désolation”
Apollo XII - 19 novembre 1969.
3- Pete Conrad : “Youpiii ! Purée, c’en était peut être un petit pour Neil, mais c’en est un grand pour moi” * (Whoopee! Man, that may have been a small one for Neil, but it's a long one for me.)
4- Alan Bean : “Le LM est magnifique vu de l’extérieur”
Apollo 14 - 5 février 1971
5- Alan Shepard : “Al est à la surface. Et ce fut un long chemin, mais nous y sommes” ** (Al is on the surface. And it's been a long way, but we're here.)
6- Edgar Mitchell : Essayant de remonter sur l’échelle dont le dernier barreau est assez éloigné du sol, “Je vérifie la remontée. Très facile à exécuter. Une petite impulsion et on y arrive”
Apollo 15 - 31 juillet 1971
7- David Scott : “Alors que je me tiens ici à Hadley, au beau milieu des merveilles de l’inconnu, je realise qu’il existe en fait une vérité fondamentale quant à notre nature : explorer est pour l’Homme une nécessité … Et ce que nous faisons ici, c’est la quintessence de l’exploration". (As I stand out here in the wonders of the unknown at Hadley, I sort of realize there's a fundamental truth to our nature, Man must explore . . . and this is exploration at its greatest.)
8- James Irwin : “C’est magnifique ici ! Cela me rappelle Sun Valley”
Apollo 16 - 21 avril 1972
9- John Young : “Vous voilà, mystérieux et inconnus hauts plateaux de Descartes. Apollo 16 va changer votre image. Je suis plus que ravi qu’ils aient ramené ce vieux Frère Lapin ici, dans le carré de bruyère auquel il appartient” *** (There you are, mysterious and unknown Descartes highland plains. Apollo 16 is gonna change your image. . . I'm sure glad they got ol' Brer Rabbit here, back in the briar patch where he belongs.)
10- Charles Duke : “Génial… C’est super !”
Apollo XVII - 11 décembre 1972
11- Eugene Cernan : “Alors que je pose le pied sur la surface, à Taurus-Litrov, je voudrais dédier ce premier pas de la mission Apollo 17 à tous ceux qui l’ont rendu possible” (As I step off at the surface at Taurus-Littrow, I'd like to dedicate the first step of Apollo 17 to all those who made it possible.)
12- Harrison Schmitt : S’adressant à Cernan, “Tu as atterri dans un cratère !”
Il aurait été intéressant de savoir ce que James Lovell (Apollo XIII) avait prévu de dire...
* Shepard avait été interdit de vol en 1964 car il souffrait d’un syndrome de Ménière (cf anecdote du 12 aout 2008 intitulée Alan Shepard et le Dr House). Ce n’est que le 7 mai 1969, après une opération chirurgicale qu’il recouvre son habilitation au vol.
** La journaliste italienne Oriana Fallaci ne voulant pas croire que les astronauts étaient libres de dire ce qu’ils voulaient, Pete Conrad paria 500 dollars avec elle qu’il prononcerait exactement cette phrase. C’est ce qu’il fit, mot pour mot... mais ne vit jamais la couleur de son argent !
*** Old Brer Rabitt, (brer pour brother) est un personage créé par le journaliste écrivain Joel Chandler Harris. Il s'agit d'un malicieux lapin qui quitte son terrier pour trouver son coin de paradis. Au cours de ses pérégrinations il affronte de nombreux danger qu’il surmonte en utilisant la ruse. C’est ainsi qu’il berna Brer Fox (Frère Renard) pour qu’il le ramène chez lui, dans son terrier du carré de bruyère (Briar Patch). John Young s’identifie à Frère Lapin, qui enfin, lors de son quatrième vol spatial et après quelques péripéties, est enfin là où il a toujours rêver d’être… sur la Lune ! Pablo Picasso n'est pas concerné !Lorsqu’un journaliste du New York Times demande à Pablo Picasso ce qu’il pense du premier atterrissage d' hommes sur la Lune, il répond : “Cela ne signifie rien pour moi. Je n’ai aucune opinion à ce sujet, je m’en fiche”. Astro-nut - Une cacahuète sur la Lune !Chaque fois qu’il en avait l’occasion Alan Shepard allait manger au « Chez Jay » sur Ocean Boulevard, à Santa Monica, un bar-restaurant tenu par Jay "Peanuts" Fiondella, un acteur qui, de 1958 à 2000, a joué de petits rôles dans une trentaine de films (dont l’Arme Fatale 2, 3 et 4) et de séries télévisées (Perry Mason, Mission Impossible, Laredo, Batman, CHiPs…). Jusqu’en 1980 il utilise le « pseudonyme » de… Jay Della. C’était également un aéronaute passionné et un « chasseur de trésor » émérite. Son surnom de « Peanuts » (cacahuète) lui vient du fait que les cacahuètes grillées sont gratuites et à volonté, elles sont d'ailleurs devenues la marque de fabrique de ce lieu. Les coques jonchaient le sol, il y en avait partout, jusque dans les toilettes. Les plus grandes stars de Hollywood y venaient régulièrement, Marlon Brando, Michael Caine, Richard Burton, Warren Beatty, Frank Sinatra…les politiques également, dont le plus fidèle, Henry Kissinger, car non seulement la cuisine est excellente (le fameux gratin de pommes de terre aux bananes), mais il avait interdit les appareils photos et les autographes dans son établissement.
Un soir, la veille du départ d’Alan Shepard pour le Cap Canaveral, les deux amis discutent et Shepard confie à Fiondella qu’il va emmener une balle de golf et un club sur la Lune. Il y avait un panier de cacahuètes devant eux, Fiondella lui demande alors : « Prends une de mes cacahuètes et emmène là sur la Lune avec toi. J’aimerais avoir la première « astro-nut » (nut=noix). Chiche, Shepard en prend une et la met dans sa poche. Quelques mois plus tard il l’appelle au téléphone et lui annonce : « J’ai une noix pour toi », Shepard lui amènera la précieuse arachide, avec un certificat d’authenticité, attestant que la cacahuète a été sur la Lune lors de la mission Apollo 14.
Fiondella la gardait toujours sur lui pour la montrer, jusqu’au jour où, l’ayant posée sur le bar, Steve McQueen fit mine de la manger… A compter de ce jour il conserva sa précieuse cacahuète dans un coffre-fort à la banque !
Jay Fiondella dans son bar-restaurant - A noter : les coquilles de cacahuètes par terre !
Le truculent Jay Fiondella est décédé le 6 novembre 2008 à l’âge de 82 ans. Il avait appelé son bar restaurant « Chez Jay » en hommage au film musical de George Sidney « La Blonde ou la Rousse » (Pal Joey) dans lequel Frank Sinatra, qui deviendra son ami, joue le rôle de Joey Evans, un chanteur et coureur de jupon notoire, qui avec l’aide financière d’une ancienne amie strip-teaseuse, Vera, (jouée par Rita Hayworth) devenue la respectée Mrs Simpson après un riche mariage, ouvre un cabaret : le « Chez Joey »… John F. Kennedy - Main tendue à l'URSS...A deux reprises le Président des Etats-Unis, John Kennedy, a publiquement proposé aux soviétiques d’aller ensemble sur la Lune, une première fois le 3 juin 1961, lors du sommet américano-soviétique à Vienne, Khrouchtchev d’abord réticent, accepte puis se ravise et refuse sous prétexte que cette proposition n’est pas assortie de négociations sur la limitation des armements. La seconde fois, deux mois avant sa mort, le 20 septembre 1963, lors d’une intervention devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, il déclare: « Il n’y a aucun problème de souveraineté dans l’espace… Pourquoi dans ces conditions, le premier vol d’un Homme vers la Lune doit il donner lieu à une compétition internationale ? Pourquoi les Etats-Unis et l’Union Soviétique ne partageraient- ils pas les recherches, la construction et les coûts, au lieu de les supporter chacun de leur côté et de dupliquer les efforts ? Pourquoi nos deux pays ne pourraient-ils pas explorer l’espace ensemble, avec l’aide d’autres pays du monde, afin d’envoyer au cours de cette décennie, non pas les représentants d’une seule nation, mais des représentants de plusieurs pays, sur la Lune " A nouveau Khrouchtchev lui opposa une fin de non recevoir. Dans ses mémoires il explique : « Si nous avions décidé de coopérer avec les américains, nous aurions dû leur révéler la conception du moteur de la Semiorka »
Rétrospectivement, dévoiler les « secrets » de la R7 leur aurait été bien moins « nuisible » que de révéler à quel point ils étaient en retard dans leur programme lunaire habité !
Il ne faut pas se méprendre sur les réelles intentions de Kennedy, avant d'y voir le noble geste de la "main tendue", il y a bien évidemment de subtiles arrières pensées politiques (...) Amusante coïncidence !Quel est le rapport entre la vitesse de la lumière et la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre avant l’injection sur une trajectoire lunaire?
Quel est le rapport entre la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre avant l’injection sur une trajectoire lunaire et la vitesse du « crawler » emportant la gigantesque Saturne V du VAB vers l’aire de lancement ?
La vitesse de la lumière est 37 216 fois plus élevée que la vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre. La vitesse du vaisseau spatial Apollo en orbite autour de la Terre est 36 250 fois plus élevée que la vitesse du crawler emportant la Saturne V vers le pas de tir !
Il est intéressant de noter que ces rapports sont sensiblement les même ! (à 2,6% prêt !)
Vitesse lumière = 1 079 252 848,8 km/h Vitesse moyenne de l’ensemble S-IVB + SLA, LM, CSM en orbite autour de la Terre = 29 000 km/h Vitesse moyenne du Crawler avec Saturne V = environ 0,8 Km/h*
Amusante coïncidence !
* A vide la vitesse maximale du Crawler est de 3 km/h, en charge cette vitesse maximale est réduite de moitié. Il s'agit là des vitesses maximales et non pas des "vitesses de croisière". Une pierre lunaire ramenée par Apollo XII refait le voyage vers la Lune !Dans le cadre d’une expérience scientifique concernant le champ magnétique de la Lune, les astronautes de la mission Apollo 16 ont emmené evec eux une pierre lunaire rapportée sur Terre par Apollo XII. Cette pierre, démagnétisée avant de repartir vers la Lune, a permis de vérifier une hypothèse des scientifiques, à savoir la "contamination magnétique" des échantillons pendant le voyage ! Ils ont vu juste, ce fut bien le cas, mais en partie seulement, prouvant que la Lune a eu un champ magnétique lorsque son noyau était liquide, mais bien moins puissant que le laissaient croire les échantillons ! La plaque commémorativeLa plaque commémorative en acier inoxydable emportée par le LM de la mission Apollo 11* est certainement la plus émouvante "capsule temporelle" jamais créée, avec celle de Pioneer 10. Elle mesure 22,8 cm X 17,9 cm pour une épaisseur de 1,58 mm. Les hémisphères et les lettres gravés ont été remplis avec une peinture époxyde noire. La plaque a ensuite été incurvée au diamètre des "jambes" du train d'atterrissage, et fixée sur l'échelle, précisémmemnt entre le sixième et le septième barreau de cette dernière (en partant du haut) qui en compte neuf. Courber la plaque permettait de ne pas gêner les astronautes lors de leur progression le long de l'échelle (cf photo ci-dessous). La fine protection en acier qui recouvrait la plaque fut ôtée par Neil Armstrong à 109:52:19 (Mission Elapsed Time – Temps Ecoulé depuis le décollage). ![]() Le 8 juin, soit un peu plus d’un mois avant le décollage, Ural Alexis Johnson, alors sous-secrétaire adjoint aux affaires politiques du ministère des Affaires Etrangères (United States Department of State) avait envoyé au comité en charge de déterminer les activités symboliques que les premiers astronautes allaient effectuer sur la Lune, une proposition de texte : « Nous qui les premiers, avons marché sur la surface de la Lune, laissons cette plaque pour commémorer notre voyage et pour témoigner du progrès de l’Homme dans sa quête de mieux comprendre l’Univers. Nous sommes venus au nom de toute l’Humanité explorer la Lune, et ce pour le bénéfice de tous les peuples. Puisse ce voyage nous permettre d’illuminer les mystères de l’univers et nous unir dans la recherche de la vérité et la compréhension de notre propre planète. » Devaient suivre le nom des astronautes et la date.
Si l’esprit a été conservé, une version plus expurgée, plus laconique fut produite avec le concours de James Humes (rédacteur de discours présidentiels) , Wiliam Safire (également rédacteur de discours présidentiels) et Pat Buchanan (conseiller du Président Nixon).
Une première version disait :
« Ici, des Hommes de la Terre ont atterri sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Ils sont venus en paix au nom de toute l’Humanité. Armstrong Aldrin Collins »
(A noter : Aldrin le n°3 dans la hiérarchie des équipages Apollo est mentionné après Armstrong, l’ordre sera modifié dans la version finale.)
En définitive le texte, lu à haute voix sur la Lune, par Neil A. Armstrong sera le suivant :
"Ici des Hommes de la planète Terre ont pour la première fois posé le pied sur la Lune. Juillet 1969 après J-C. Nous sommes venus en paix au nom de toute l’humanité »
Figurent les signatures et les noms des trois astronautes, Neil A. Armstrong, Michael Collins, Edwin E. Aldrin ainsi que de Richard Nixon, le Président des Etats-Unis.
Julian Sheer, le responsable des relations publiques de la NASA eut un peu de mal avec l’un des collaborateurs de Nixon qui, au dernier moment, insista pour que les mots « under god »** (que l’on peut traduire par « sous la providence divine » ou « sous la protection de Dieu ») soient ajoutés. Sheer fit remarquer que cela pourrait s’avérer offensant pour certaines personnes. Pour éviter tout conflit, il finit par accepter, sachant pertinemment qu’il était de toute façon trop tard pour apporter cette modification…
* Toutes les missions lunaires ont emporté une plaque sur la Lune (De Apollo 11 à Apollo 17). Seules les plaques Apollo 11 et 17 comportent la signature du Président.
** C’est le 14 juin 1954, que le Président Eisenhower avait fait ajouter la formule ”Under God” au serment « The Pledge of Allegiance » : "I pledge allegiance to the Flag of the United States of America, and to the Republic for which it stands, one Nation under God, indivisible, with liberty and justice for all. Deux mots qui ont fait et font encore polémique aux Etats-Unis, un pays où le principe de séparation de l’état et de la religion est inscrit dans la constitution ! Le message de Léopold Sédar Senghor sur le disque de siliciumSi la France n’a pas eu le temps d’envoyer un message de bonne volonté pour être gravé sur le disque de silicium d’Apollo 11 (Cf anecdote du 1er février 2008) en raison de la toute récente élection à la présidence de la république de Georges Pompidou, notre pays peut s’enorgueillir d’y trouver celui de Léopold Sedar Senghor (1906-2001), un des plus grands poètes francophone du XXème siècle, élu au fauteuil 16 de l’Académie Française le 2 juin 1983. (Succédant ainsi au duc Antoine de Lévis-Mirepoix)
Son télégramme, en date du 1 juillet 1969, alors qu'il est Président de la République du Sénégal, rédigé en français bien évidemment, est le suivant :
« Ceci est un message des militants de la négritude. C’est un message de solidarité humaine, un message de paix. Dans cette première visite à la lune, nous saluons moins une victoire de la technologie qu’une victoire de la volonté humaine : volonté de recherche et de progrès, mais aussi de fraternité. » Pas d'hymne national sur la Lune !Le Président des Etats-Unis souhaitait que l’hymne national soit diffusé lorsque les astronautes Armstrong et Aldrin seraient sur la Lune. Cette idée fut rejetée par l'astronaute Frank Borman, le conseiller spécial du président pour cette mission, qui considérait que les activités symboliques prévues, prenaient déjà suffisamment de temps, pour que l’on évite d’en ajouter encore, au détriment du travail scientifique… Il fit remarquer par ailleurs que la diffusion d’ondes porteuses modulées en continue pendant 2 minutes et demie constituait un risque potentiel pour le bien être des astronautes. Borman conseilla donc à Richard Nixon de faire jouer « la Bannière Etoilée » à leur retour sur Terre. Ce qui fut fait ! Irving le gorille !Charles Buckley, le chef de la sécurité du Centre Spatial Kennedy et Pete Conrad étaient amis avec Peter et Julie Firestone, un couple qui avait la particularité de posséder un véritable gorille naturalisé. Un animal impressionnant, que Conrad, totalement fasciné par ce singe anthropoïde, avait baptisé Irving Glick*. Nous sommes à quelques heures du lancement d’Apollo XII, il est temps de préparer une petite farce… Comme convenu Charlie Buckley se rend chez Peter et Julie, récupère Irving, l’installe précautionneusement sur le siège avant de sa voiture et prend la route pour le centre spatial. Bien qu’étant leur chef, il est prié de fournir quelques explications aux gardes de la porte d’entrée principale, avant de pouvoir faire entrer l'animal sur la base. A deux heures du matin il traverse un long couloir avec Irving dans les bras, lorsqu’il croise un technicien, à la vue du gorille ce dernier se met à hurler, fait demi tour et se réfugie dans la première pièce qu’il trouve en claquant précipitamment la porte…
Au petit matin les astronautes d'Apollo XII, Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon, entrent dans la salle à manger, pour prendre le traditionnel petit déjeuner d’avant vol composé de steak, d’œufs, de jus d’orange de café et de toasts. Dans la pièce il y a déjà Tom Stafford, Jim Irwin, Jim McDivitt, Paul Weitz, Chuck Tringali, le responsable des entrainements, et, assis à la table, vêtu d‘une blouse blanche et d’un casque de technicien, la mascotte de l’équipage, Irving, le gorille préféré de Pete Conrad... Le repas commence dans l'hilarité générale !
Une photo avec "Irving Glick"
* L’excentrique Irving Glick, qui est à l’origine du célébrissime « Belmont Tunnel » entre les villes de Charlotte et Belmont, en Caroline du Nord, avait participé à une émission sur la chaine de télévision WBTV au cours de laquelle il s’était battu avec un figurant déguisé en gorille. Quels indicatifs choisir ?Lorsque Pete Conrad, Alan Bean et Richard Gordon ont commencé à recueillir des suggestions d'indicatifs pour leur LM et leur CM, quelqu’un a suggéré, le plus sérieusement du monde, « Lem et Abner » [d’après le titre d’un célébrissime feuilleton radiophonique humoristique créé par Chester Lauck et Norris Goff, intitulé « Lum et Abner » qui a été diffusé de 1932 à 1954. Chester Lauck jouait le rôle de Columbus "Lum" Edwards et Norris Goff celui d’Abner Peabody, les copropriétaires d’un magasin, le « Jot’em Down Store » (astuce avec shoot them down). Une "série" qui est devenue une véritable institution aux Etats-Unis]
Conrad rejeta d’emblée cette proposition farfelue basée sur le jeu de mot entre « Lum » et « LM » que l’on prononce « Lem ». Il voulait quelque chose de résolument plus digne.
Quelqu’un d’autre proposa Vénus… Conrad, séduit, alla consulter une encyclopédie : « Non ça ne va pas ! »
En effet, il découvrit que la Vénus pompéienne, la divinité protectrice de Pompéi, a quelquefois été associée avec la prostitution.
Il s’intéressa alors aux noms que les britanniques donnaient à leur vaisseau, « Intrepid » l’interpella, car il aimait la symbolique véhiculée par ce nom; hardiesse, courage, vaillance. Il vérifia quand même la définition exacte de cet adjectif dans un dictionnaire, ( Le Webster's Dictionary, l'équivalent de notre Larousse)
C'est ainsi que le choix d"Intrepid" fut arrêté pour le LM, quant au CM il s'appellera « Yankee Clipper » (Les Clippers étaient des voiliers très rapides construits au milieu du XIX ème siècle en Nouvelle-Angleterre, les premiers navires américains à faire le tour du monde).
Des noms tout à fait appropriés pour le seul équipage 100% Navy du programme Apollo.
Pete Conrad et la NASA ne manquèrent pas de recevoir des lettres de protestation, l'argument étant bien entendu que "Intrepid" est un nom habituellement donné à des vaisseaux de guerre et qu'en la circonstance ce choix est tout à fait déplacé !
Effectivement dans l’Histoire de la marine militaire américaine, au moins 4 navires ont été baptisés ainsi, dont un certain porte-avion, bâtiment principal de la flotte de récupération des missions Mercury/Aurora 7 et Gemini 3 ! Les premiers sont les derniers ou une injustice enfin réparéeUne longue injustice a enfin été « réparée » à l’occasion du quarantième anniversaire de la mission Apollo 7. En effet, alors que tous les autres astronautes Apollo et Skylab ont reçu la « NASA Distinguished Service Medal », Walter Schirra, Donn Eisele et Walter Cunningham ont dû se « contenter » de la « NASA Exceptional Service Medal" (Un cran en dessous, dans la hiérarchie des médailles de la NASA) Les tensions et heurts lors du déroulement de la mission en sont bien évidemment la cause. Christopher Kraft, hors de lui, fera en sorte qu'aucun ne revole jamais, une sanction qui n’affecta pas Schirra, puisque ce dernier avait fait savoir qu’Apollo 7 serait son dernier vol. Seul Cunningham, le dernier survivant, a pu recevoir la médaille des mains de Michael Griffin, l’administrateur de la NASA. C’est l’ancien astronaute d’Apollo 8, Bill Anders qui a accepté la distinction au nom de la famille Schirra (1) et c’est la veuve de Donn Eisele, Susan, qui a accepté la médaille au nom de son époux (2).
La cérémonie s’est tenue au « Frontiers of Flight Museum » de Dallas, Texas où le CM Apollo 7 est actuellement exposé. Parmi les visiteurs de marque, Gene Kranz, Alan Bean, Buzz Aldrin et Neil Armstrong qui, sortant de sa réserve, a déclaré : « Nous tous, sur les vols qui ont suivis, avons été redevables du travail accompli par l’équipage d’Apollo 7».
Christopher Kraft, quelque peu adouci, après toutes ces années, eut ces mots à l’intention de Cunningham: « Vous avez accompli un travail formidable, tous les objectifs de ce vol ont été atteints, ce qui nous a permis d’aller de l’avant, et de planifier le premier vol vers la Lune… Jadis, nous vous avons donné du fil à retordre, mais vous avez surmonté cette épreuve avec brio… Vous avez fait de l’excellent travail et franchement je suis très fier de pouvoir vous considérer comme un ami. »
(1) - "Wally" Schirra est mort le 3 mai 2007 à l'âge de 84 ans (2) - Donn Eisele est décédé le 2 décembre 1987, il avait 57 ans
NASA Distinguished Service Medal (la plus haute distinction NASA)
NASA Exceptional Service Medal (2ème plus haute distinction NASA)
"On s'ennuie à mourrie ici !"A 46 heures 43 minutes et 38 secondes dans le déroulement de la mission Apollo 13, le CapCom de service, Joe Kerwin, annonce à l’équipage qui vient de se réveiller : « Tous les systèmes du vaisseau sont OK. On s’ennuie à mourir ici. »
Apollo 13 est la troisième mission à destination de la surface de la Lune, à ce moment là, les astronautes sont en route vers l’astre des nuits, c’est déjà la routine… Effectivement, Apollo 13 ne passionne pas les foules, si la mission Apollo 11 a été suivie depuis le Centre des Vols Habités de Houston par quelques 693 journalistes accrédités, pour Apollo 12 l’effectif est réduit de moitié, 363 exactement, et pour Apollo 13, il n’en reste plus que 250 ! Les grandes chaines nationales ont d’ailleurs renoncé à diffuser en direct les retransmissions prévues à partir du vaisseau spatial… Les mots de Joe Kerwin « on s’ennuie à mourir ici » vont être brutalement démentis quelques 9 heures plus tard. Après l’explosion une course contre la montre pour sauver les trois astronautes va s’engager et les journalistes vont affluer, dès lors, la mission fera la une des journaux !
Une « banale » mission vers la Lune va se transformer en un des plus grands « succès » de la NASA ! « Un échec réussi » selon les mots de James Lovell ! L'OdysséeLes astronautes d’Apollo 13 ont appelé leur module de commande « Odyssey », jamais un indicatif n’a si bien porté son nom… Définition du mot odyssée : Une odyssée est un voyage semé de péripéties et de rebondissements. Un sourire sur la Lune...Le Pilote du Module Lunaire (LMP) de la mission Apollo XVII, Harrison « Jack » Schmitt, détient le record officieux de la « bouille la plus souvent visible sur la Lune» en effet, on peut le voir à maintes reprises avec la visière dorée de son casque relevée, laissant apercevoir son visage orné d’une barbe naissante. Un géologue trop occupé par son travail, sur ce site unique, pour perdre son temps à se raser.
La plupart de ces photos ont été prises durant la dernière sortie extravéhiculaire alors que les astronautes se trouvaient à la Station 6. La caméra du LRV (Lunar Roving Vehicle / « jeep » lunaire) était télécommandée depuis la Terre, Schmitt ayant remarqué qu’elle suivait ses mouvements, l’a fixée droit dans la lentille et lui a fait son plus beau sourire !
Schmitt n’était pas plus inconscient que les autres, en réalité il avait rayé sa visière avec de la poussière de Lune en la nettoyant après les sorties précédentes, ce qui le gênait énormément dans son travail de géologue. Aux répétitives injonctions l’enjoignant de baisser sa visière, il a commencé par répondre calmement qu’elle était rayée qu’il avait du mal à voir à travers, mais au bout d’un moment, agacé, il finit par lancer : « Je pense que je suis assez grand pour savoir ce que je dois faire, je positionnerai ma visière comme je l’entends, alors arrêtez avec ça ! » Il convient de préciser que la plupart du temps sa visière n’était qu’à moitié relevée…
Le premier scientifique sur la Lune a fait un boulot formidable et quelle plus belle image que ce visage souriant sur la Lune lors de la dernière "marche lunaire" du XXème siècle !
Harrison Schmitt - "Un sourire sur la Lune !"
Harrison Schmitt
Eugene Cernan et Harrison Schmitt
A noter : les LMP d’Apollo XIV et XV ont descendu l’échelle du LM sans rabattre la visière, alors que la « EVA check-list » prévoit bien un « close sun visor ». Ne pas rabattre la visière leur permettait de jeter un dernier regard à l’intérieur du LM avant de rejoindre leur commandant sorti en premier. Leur impatience à marcher sur la Lune explique certainement cet oubli sans parler du fait qu’ils voyaient peut être mieux les barreaux de l’échelle !
Pour une description complète et approfondie du LEVA (Lunar Extravehicular Visor Assembly) et des divers éléments de la combinaison lunaire, je vous conseille le lien suivant : http://www.de-la-terre-a-la-lune.com/apollo.php?page=a7l Un excellent résumé de la mission !C’est certainement le père de « Jack » Swigert, le Docteur Leonard Swigert, qui a le mieux résumé le vol épouvantable de son fils et de ses deux compagnons d’infortune, James Lovell et Fred Haise à bord d’Apollo 13. A l'issue de la mission, chez lui à Denver, une coupe de champagne à la main, il a déclaré aux journalistes : « Le décollage a été grandiose, l’amerrissage extraordinaire, mais je ne donnerai pas un centime pour le reste ! » Un rhume "carabiné" !C’est au deuxième jour de la mission que Walter Schirra, le commandant de la mission Apollo 7, se réveille avec un rhume carabiné, résultat d’une partie de chasse au canard effectuée trois jours avant le lancement, qui s’est terminée sous une pluie battante… La visite médicale qui précède le vol l'avait déclaré apte. Schirra souffre de légères céphalées, de courbatures mais n'a pas de fièvre. « Très vite le confortable vaisseau spatial a été transformé en boîte à Kleenex usagés», selon les termes de Walter Cunningham. Il fait part de son état de santé au Centre de Contrôle et demande s’il peut prendre un antibiotique, le médecin lui recommande de commencer plutôt par un décongestionnant nasal, en l’occurrence… de l’Actifed. La trousse à pharmacie du bord renferme 24 comprimés de 60 mg d’Actifed, la totalité du stock sera utilisé. Pour les missions Apollo suivantes le stock sera porté à 60 comprimés ! Par ailleurs, 48 comprimés d’aspirine sur les 72 seront utilisés. Walter Schirra est le "premier malade dans l’espace" du programme spatial américain (le « mal de l’espace » ou « syndrome d’adaptation à l’impesanteur » n’étant pas une maladie à proprement parler). 24 heures plus tard Donn Eisele et Walter Cunningham présenteront les mêmes symptômes mais à un degré bien moindre.
De l’Actifed sera également prescrit lors des missions Apollo 9 (12 comprimés sur 60), Apollo 10 (2/60), Apollo 12 (18/60), et Apollo 17 (1/60)
Ainsi au début des années 80, le laboratoire pharmaceutique qui commercialise l’Actifed fera appel aux astronautes Walter Schirra et Donn Eisele ainsi qu’aux astronautes d’Apollo 12, Richard Gordon et Alan Bean, pour des spots publicitaires. (A voir sur http://www.youtube.com)
Ces petits problèmes de santé auront des répercussions sur « l’ambiance » de la mission, mais ça c’est une autre histoire qui fera l’objet d’une prochaine anecdote…
On voit clairement sur cette photo que Schirra n'est pas au mieux de sa forme ! Klaus Scheufelen
Klaus Scheufelen est un ancien ingénieur de Peenemünde qui a travaillé notamment sur le missile Wasserfall et qui est le concepteur du missile anti-aérien Taifun. Il fait partie des 118 spécialistes sous la direction de Wernher Von Braun qui furent enrôlés aux Etats-Unis après la guerre. Cinq ans plus tard, en 1950, pour d’impérieuses raisons familiales, Scheufelen est contraint de retourner en Allemagne où il prend la direction technique de l’entreprise familiale de fabrication de papier, la Scheufelen PapierFabrik GmbH. On pourrait croire que ce brillant ingénieur en a fini professionnellement avec le domaine spatial, mais c’est sans compter sur la providence. Après l’accident d’Apollo 1, la NASA lance un appel d’offre pour le développement d’un papier ininflammable…C’est la société Scheufelen qui est retenue, ainsi à compter d’Apollo 13, il n’y aura plus à bord des missions Apollo que des manuels fabriqués avec du papier Scheufelen. Klaus Heinrich Scheufelen est décédé le 26 janvier 2008. |
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